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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
roule de Géryville, sous les ordres de l'agha de Saïda, se débanda et screplia en désordre sous Sfisiffa (27 avril).
Le 14 mai, les insurgés mirent encore en déroute à Ghellala nos contin-gents indigènes conduits par le colonel hnwcenti et pillèrent leur convoi;le 2 juin, l'escorte de l’inspecteur du télégraphe, Bringard, était surpriseà Aïn-Défalid et massacrée avec son chef. L'insurrection s'étendit. Unecolonne, partie d’Oran , sous le commandement du général Détrie, s’avançacontre le marabout. Celui-ci, trompant la surveillance de nos officiers, sejeta vers le nord, puis vers l’ouest, soumit les tribus des Onlad-Zian,occupa Frcndah (10 juin), envahit les chantiers d’alfa et massacrales ouvriers, pour la plupart Espagnols , qui furent surpris sans défenseavec leurs familles, sur les hauts plateaux. Bou-Amamn, échappant par larapidité et l'audace de ses marches à nos colonnes qui devaient lui barréeles passages du Choit, passa à Sfid, puis à Cha’ir. et regagna le sud-ouestparFekarine, à travers nos contingents postés au Kreider. Le général ïclrieen diverses rencontres n'avait pu qu'enlever les convois des Lagouat et desOulad-Sidi-el-Nasseur, en leur tuant quelques centaines d'hommes. Lesincursions et les pillages de Rou-Amama continuèrent, répandant laterreur parmi les tribus restées fidèles; les Rézaïna firent défection etallèrent dans le Maroc rejoindre Si-Slinian-ben-Kaddour dont nous avionsobtenu, en 1876, l'internement près de Fez , et qui venait de s'évader. Iltrouva dans les confréries religieuses de la Tripolitaine un redoutable appuimoral, et chez les peuplades pillardes et belliqueuses du Maroc , toujoursprêtes aux razzias, des combattants et des ressources. Plus de la moitiédes rebelles, abandonnant Bon-Amatna, se rallièrent autour de ce nouveauchef.
Si-Sliman-ben-Kaddour devint alors le véritable meneur de cette guerrereligieuse. Ce personnage essaya d'abord de tromper le gouvernementfrançais , en promettant la soumission des dissidents et en noirs renvoyant lamoitié des tribus des Harrar-Gharaba après les avoir préalablement rançon-nées et pillées. L’empereur du Maroc le désavoua, interdit par une lettrecirculaire à ses sujets de faire cause commune av*c les agitateurs, et nousoffrit contre eux son concours qui fut refusé. Le 17 novembre 1881, Sliman-ben-Kaddour tenta un coup de main sur les tribus des llamian, à quelqueskilomètres de nos bataillons de tirailleurs. 11 emmena 2 500 chameaux,15 000 moutons, des juments, des poulains, quarante nègres ou négresses,des tentes, des tapis, des bijoux et l’argent trouvé dans les caisses. Maisnos colonnes mirent à l’abri de nouvelles attaqnes le Sahara oranais. Gé-ryvillc et Mécbéria frirent solidement gardés et approvisionnés, ce dernierposte relié à Saïda par une voie ferrée ; la région des ksours de Géryvillefut visitée par nos goums; dans une de ces expéditions le village d’El-Abiod-Sidi-Cheikh fut incendié et la kouba détruite 1 ; le poste d’Aïn-Sefra occupé,
1. Ce fut le colonel Négrier qui ordonna la démolition de la Kouba d’El-Abiod.Cet acte regardé comme iiripolitique en France , fut vivement approuvé par lescolons algériens . Le gouvernement essaya, pour en atténuer l'effet, de dégager lecéfé religieux de la question, et il décida, sur la proposition de M. Albert Grévy,alors gouverneur général, de rebâtir la Kouba sous le canon de Géryville. Toute-fois le projet ne fut pas tout d’abord exécuté. Au mois de décembre 1881,M. Tirman, successeur de M. Grévy, essaya de traiter avec les Oulad-Sidi-Cheikh,qui étaient on révolte depuis 1861, et entraînaient à la défection la plupart destribus du sud-ouest. Le général Thomassin fut chargé des négociations et reçutde pleins pouvoirs. Il réussit dans sa délicate mission. La tribu redevint notre