146 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
fraîches et les branches fournissent de l’huile volatile précieusecomme dissolvant des vernis et des résines, et que la parfumerieutilise avec succès dans ses préparations pour la toilette ; enfinon confectionne avec les jeunes feuilles du papier à cigarette,des cigarettes et des cigares, qui paraissent propres à calmer latoux et l’oppression.
Telles sont, sans parler de la production de la résine, com-mune à tous les arbres du même genre, les propriétés princi-pales de l’eucalyptus globulus, le gommier bleu (blue gum), ori-ginaire d’Australie . On ne saurait prononcer sur cette essence unjugement définitif, vu sa longévité et son acclimatation encorerécente en Algérie ; mais à considérer l’élégance, la beauté, lacroissance rapide du bel arbre bleu, et les services qu’il a déjàrendus à notre colonie, on ne peut qu’applaudir à l’initiative deM. Ramel et de ses heureux imitateurs.
Dans un Tableau de la situation des établissements français en Algérie , publié en 1839, on déclarait qu’on ne trouvaitdans la colonie ni pierres, ni eau, ni bois. Le gouvernement netarda pas à donner un démenti officiel à la dernière de cesaffirmations légères ou de mauvaise foi, en prenant des arrêtéspour protéger les forêts, les faire mesurer, et en ménager l’ex-ploitation. Déjà cette richesse de la colonie était fort compro-mise : la guerre, les nécessités des campements, le gaspillagedes bivouacs, l’établissement des télégraphes, la création demagasins, postes militaires, hôpitaux et casernes, les besoinsdes premiers colons furent autant de causes de rapide destruction.La ville de Sétif a été bâtie avec les cèdres du Bou-Thaleb 1 * * 4 .
L’intervention de l’Etat mit fin de bonne heure à ces exploi-tations désordonnées et à ces ravages dans le domaine public,
1. « La construction du réseau télégraphique n’a pas demandé moins de
» soixante-dix mille poteaux, et l’entretien en absorbe dix mille environ par» année. Pour ces poteaux, il faut des perches droites, d’une belle venue, des» arbres d’avenir, en un mot, et la ressource future de la forêt. Pour toutes les
» lignes situées à portée des ports, on a employé des bois venus de France , des
» pins des Landes ou du laricio de Corse. Mais dans l’intérieur, on a pris au pins» près, on a puisé sans mesure dans les bois situés près des chemins. Ces abattages» ont été plus particulièrement funestes dans les rares forêts de la rouie du Sud.» Certaines d’entre elles ont dû à leur situation un épuisement presque complet» en jeunes arbres. » (De Metz-Noblat, les Forêts de VAlgérie, Correspondant,10 janvier 1378.)