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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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190 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

Au printemps, on coupe tous ses poils et on lui donne alorsle nom de bnu-kuetaâ (le père du coupement). Pendanttoute une année, le bou-kuetaâ tette autant quil veut; ilsuit sa mère à son caprice ; on ne le fa tigue point encore pardes essais déducation ; il est libre comme sil était sauvage.Le jour de son sevrage arrivé, on perce de part en part unede ses narines avec un morceau de bois pointu quon laissedans la plaie : lorsquil voudra teter, il piquera sa mère quile repoussera par des ruades, et il abandonnera bientôt lamamelle pour lherbe fraîche de la saison.

» Au printemps de cette année on le tond de nouveau, etil quitte son nom de bou-kuetaâ pour prendre celui de heur/(raisonnable). A deux ans accomplis son éducation commence ;pour première leçon on lui met un licou dont la longe viententraver un de ses pieds : on le maintient immobile du gesteet de la voix dabord, de la voix seulement ensuite ; on dé-tache alors le pied entravé ; mais sil fait un pas, on lentraveencore ; il a compris enfin ce quon veut de lui, et ces leçonsnauront de fin que sil reste un jour tout entier, sa longetraînante, à la place laura mis son maître.

» Ce premier résultat obtenu, le heug est soumis à dauLresépreuves. On rive à sa narine droite un anneau de fer quilgardera jusquà la mort, et dans lequel est attachée la rêneen poil de chameau qui viendra se réunir sur son garrot, enpassant de droite à gauche, avec la longe du licou, qui pas-sera de gauche à droite. On lui ajuste la rahhala , sorte deselle dont lassiette est concave, le dossier large et haut, lepommeau élevé, mais échancré de sa base à son sommet ; lecavalier est assis dans la rahhala comme dans une tasse, ledos appuyé, les jambes croisées sur le cou du mahari et as-surées par leur pression même dans les échancrures du pom-meau. Le moindre mouvement de la rêne sur la narine im-prime à lanimal une douleur si vive quil obéit passivement ;il oblique à gauche, il oblique à droite, il recule, il avance,et sil est tenté par un buisson et quil se baisse pour y tou-cher, une saccade un peu rude loblige à prendre une hauteencolure. Quun chameau porteur broute sur la route, lin-