égorge plusieurs chameaux, les hommes cherchent à voler des morceaux :le chameau sur lequel est monté Pobéguin, dont les pieds ensanglantés nepeuvent plus supporter la marche, lui est enlevé. Le 15 mars, un destirailleurs, Dendani, porteur d'une grande quantité d’or, est assassiné pardeux de ses compagnons qui le dépouillent. Le 17, la provision d’eau estpresque épuisée, les vivres font complètement défaut. Ici nous laissons laparole au rapport officiel, composé d’après les renseignements recueillispar les bureaux arabes auprès des hommes qui ont échappé à la destructionde la mission. C’est l'épilogue navrant de cet effroyable drame :
« Vendredi 28 mars. On trouve le cadavre d’un chameaudont la peau n’est pas tout à fait corrompue, des hommesfont griller cette peau, la pilent et en font leur nourriture.Les os de ce chameau qui sont intacts, sont brisés, pilés etmangés. Un homme trouve une vipère à corne, il la dépouilleen cachette et la mange.
| » Samedi , 19.Chacun ne songe plus qu’à soi, le dés-ordre est général.On égorge un des deux chameaux ; des
hommes veulent se précipiter sur la viande du chameauavant qu’elle soit distribuée. Belkacem-Ben-Zehla, qui rem-; plit l’office de boucher et dépèce l’animal avec le sabre ducolonel, se sert de cette arme pour éloigner les plus affamés.Un homme vole la part de viande de Pobéguin.
» Lundi , 21 mars. 11 ne reste plus qu’un chameau; deuxtirailleurs le dérobent et s’enfuient; Pobéguin envoie les deuxhommes les moins fatigués à leur poursuite avec ordre de tuerles coupables et de ramener le chameau.
» Mardi 22. Les deux hommes ne peuvent rejoindre leurscamarades, le plus profond désespoir saisit tout le monde envoyant cette dernière ressource disparaître. Le tirailleurAbdesselam demande à aller à El-Messeguem pour ramenerdu secours. Pobéguin consent à le laisser partir seul. Uneheure après son départ, on entend des coups de feu : plu-sieurs hommes avaient quitté le puits pour aller, disaient-ils,à la chasse. On les vil de loin allumer un grand feu. Quandils revinrent, ils apportèrent de la chair qu’ils offrirent à Pobé-guin en lui disant que c’était de la viande de mouffion. Lemaréchal des.logis vit que ce qu’on lui présentait était de lachair humaine et la repoussa. Tout le monde est dans un