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situé à 8 milles environ au sud de Timbouktou i. Caillé, muni de lettres dushérif de D.jenné pour un des notables de la ville, y entra à la suite d’unecaravane de marchands Maures le 20 avril 1827.
« .Je ne trouvai la ville ni aussi grande ni aussi peuplée
que je m’y étais attendu. Sa population ne dépassait pas à l’épo-que de mon passage douze mille âmes. Son commerce est bienmoins considérable que ne le publie la renommée, et l’on n’yvoit pas, comme à Djenné , ce grand concours d’étrangers, accou-rus de toutes les parties du Soudan . Des chameaux venant deCabra avec les denrées de la ilottille, quelques groupes d’habi-tants assis par terre sur des nattes, devant leur porte, pour fairela conversation ou la sieste, et un petit nombre de marchandsde noix de kolah criant leur marchandise, animaient seuls deloin en loin les rues de Temboctou, sur lesquelles semblaientplaner le sommeil, l’inertie, la tristesse des déserts environnants.
» La plus grande partie de la population de Temboctou estcomposée de nègres Sonrays. Les Maures qui sont établis dansla ville et en occupent les plus belles maisons, peuvent se com-parer aux Européens qui vont dans les colonies dans l’espoir d’yfaire fortune. Recevant en consignation des marchandises d’Eu rope , envoyés par leurs compatriotes du Maroc , de Tafilct, deTouàt , et même des villes du littoral méditerranéen, ayant entreles mains le monopole du sel des mines de Taoudeny, dans ledésert, ils réalisent promptement de grands bénéfices, et presquetous, après quelques années de séjour, regagnent leurs foyersavec une jolie fortune en numéraire et surtout en esclaves.
» La ville de Temboctou a la forme d’un triangle dont lestrois côtés réunis peuvent avoir un peu plus d’une lieue de déve-loppement. Les maisons sont grandes et peu élevées, n’offrantpour la plupart qu’un rez-de-chaussée. Dans quelques-unesseulement on a élevé une petite pièce au-dessus de la ported’entrée. Toutes sont uniformément construites en briques deforme ronde, roulées dans les mains et séchées au soleil.
Les portes dont les vantaux sont en planches assemblées par
1. Suivant Caillé et le docteur Barth, Kabra est une petite ville de 400 maisonsou cases; sa situation, comme débouché fluvial de Timbouktou, a acquis uneassez grande célébrité. Le Niger n’est navigable devant Kabra que cinq moispar an, à l’époque des crues. La crique de Kabra est étroite et peu profonde;quand Barth y débarqua, les bateliers descendirent dans la rivière pour hâlerson embarcation: ils avaient à peine de l’eau jusqu’aux genoux.
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