4oSl LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,de petits étangs, ou dhâya , qui communiquent avec le Niger pendant la saison des pluies. L’eau de ces étangs est remar-quablement croupie, mais elle n’est' pas malsaine. Pendantles dix-huit jours que nous passâmes à Timbouktou, nouseûmes plusieurs forts orages, accompagnés de pluies abon-dantes.
» Il est très digne de remarque que les Arabes de Tim-bouktou appellent le Niger , Nil . Les anciennes traditions desauteurs grecs et latins se sont conservées jusqu’à nos jours et,comme le Niger de Timbouktou coule à l’est, c’est-à-dire dansla direction de l’Egypte et du Nil , on persiste à croire aujour-d’hui que le Nil et le Niger sont identiquement le mômecours d’eau. Je n’ai pas éprouvé la moindre difficulté àTimbouktou ; tout au contraire, on nous y témoigna beau-coup de respect et, le 17 juillet 1880, jour de notre départ,plusieurs milliers d’individus nous firent la conduite. Legrand chef touareg Fandagoumu lui-même, entouré d’un cor-tège d’apparat, vint en personne nous faire ses adieux. »
(.Bulletin de la Société de géographie, mars 1SS1.)
Le docteur Lenz atteignit Basikounnou après soixante-dix jours de marche,fut attaqué par une bande de cavaliers des Oulàd Alouch qui pillèrent sestentes, traversa Sokolo et Goumbou, grande ville de 30 000 habitants, etentra dans le Kaarta, sur les terres du sultan Ahmadou. A Nioro, on lui pritses derniers bagages, à titre de cadeau ; il partit de Kouniakary le 31 octobreet arriva le 2 novembre à .Médine, qui était alors encore le poste français le plus avancé sur le liant Sénégal . Il y revit après onze mois de voyage« le premier Européen bien élevé » dans la personne de l’officier français quicommandait ce poste, et qui lui lit l’accueil le plus cordial.
lies forêts «lu Soudan ; l'arbre à beurre.
« Les forêts couvrent la région dans toutes les parties qui ne sont pas>. cultivées ou occupées par des hauteurs, généralement dépourvues de» végétation. S’il existe des plateaux arides et dénudés, on rencontre aussi» de très belles forêts d’arbres de hautes futaies, notamment dans les so-» litudes du Natiaga, du Barinta, du Iiéléadougou et du Manding. Là, sur« de grandes étendues de terrain, le sol est couvert d’une végétation exces-» sivement touffue, dont les détritus ont formé une sorte de terreau très» fertile, gras, profond, d’une ressource et d’une fécondité étonnante.»