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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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SOUDAN . '433

(Galliéni). Ces essences forestières sont très variées : parmi les principalesespèces, M. Galliéni cite le nérétou, le citronnier, le berre, le dimb, le din-goutou, le tiamanoï, etc., dont les fruits ou les grains fournissent une nour-riture excellente ; le gonatier , la cailcéirat, le kltor, le ronier, propres auxconstructions de navires et aux charpentes de toutes natures ; le rkat,bois de teinture ; le baobab , le dondoid, le tamarinier qui servent, parleurs fruits ou leurs feuilles à la fabrication de boissons alcooliques ou rafraî-chissantes ; le fromager , arbre énorme utilisé pour la confection des pilonset des mortiers; le kliel et le doubalet sorte de fleur dont limmense om-brage peut abriter une caravane entière ; des acacias et des gommiers deplusieurs espèces ; et enfin, le plus précieux peut-être de tous ces arbressoudaniens, le karité ou arbre à beurre (Bassia larkii) qui mérite une mentionspéciale comme produit commercial dun avenir immense, dès que la voiede communication projetée aura dépassé Bafoulabé. « Le karité est très» commun dans la vallée du liant Niger et dans celle du Baklioy et du Baoulé,» on en rencontre dimmenses forêts dans le Fouladougou, le Manding et le» Guéniékalari ; cest un bel arbre à feuilles oblongues et frisées; son fruit» est de la grosseur dune noix ordinaire, enveloppé dune coque assez mince,» recouverte dune chair savoureuse et excellente au goût. La noix, de forme> ovoïde, présente une chair blanche compacte, servant à la confection du» beurre végétal. La récolte commence à la fin de mai et finit aux derniers» jours de septembre. Les femmes, les enfants vont alors journellement dans» la forêt, surtout après les fréquents orages ou tornades de lhivernage et» rapportent au village de grands paniers ou calebasses, remplis des fruits» que le vent a fait tomber. On les verse dans de grands trous cylindriques» creusés çà et dans les villages indigènes, au milieu même des rues et» des placés. Dans ces trous, les fruits perdent leur chair qui pourrit, on les y» laisse généralement plusieurs mois, souvent même pendant toute la saison» de lhivernage. Les noix sont ensuite placées dans une sorte de four vertical» en terre dargile, disposé dans lintérieur des cases. Elles sont ainsi séchées» au feu et même légèrement grillées. Dès quelles sont bien sèches, on casse» les enveloppes, on écrase la chair blanche intérieure, de manière à en» former une pâte homogène. On la met dans leau froide et, après lavoir» battue vivement, on la tasse et lenveloppe, pour la conserver, dans des" feuilles darbre. Toutes ces opérations, très longues avec les moyens rudi-" mentaires des nègres, se font ordinairement pendant la saison sèche. Le» beurre de karité est dun usage constant parmi les populations bambaras et» malinkés du haut Sénégal et du haut Niger ; il sert pour la cuisine, pour» les grossières lampes du pays, pour la préparation du savon, pour le pan-» sement des plaies, etc. Les Diulas en exportent une petite quantité vers les» rivières du sud, surtout vers les rivières anglaises. Nous croyons que ce» produit pourrait trouver un large emploi en Europe , non moins que lara-" chide dont nos bâtiments transportent de si gros chargements dans nos» ports de Marseille et Bordeaux . Il pourrait, croyons-nous, servir non seu-» lement à la confection des savons, mais encore à celle des bougies. Ton-» jours est-il quil existe, sur les deux rives du Niger , dimmenses forêts de>> karités, qui nattendent quune exploitation facile et commode pour être» mises en œuvre et fournir un objet déchange, peut-être plus précieux» encore que larachide. » Commandant Galuém, Mission dans le haut Niger et à Ségou. (Bulletin de la Société de géographie, 4° trimestre 1883.)