Buch 
L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
Entstehung
Seite
469
JPEG-Download
 

SOUDAS. 469

maient au loin, sous le couvert protecteur dune futaie ma-gnifique, qui faisait de cette contrée une des plus belles quejeusse jamais vues. Les maisons, la plupart coquettes, avecdes fenils exhaussés sur un soubassement de terre, étaientdepuis longtemps désertées, et le feu en avait détruit ungrand nombre. Leurs propriétaires vivaient, je lai dit, juchéssur des cotonniers, lesquels, par leur taille et leur bran-chage, ressemblaient à de vraies citadelles. Ce nétait quà' la hauteur de 4 ou 5 mètres que le tronc massif de cesarbres projetait ses premiers rameaux; ceux-ci étaient encoretrop près du sol pour servir de refuge ; mais à létage immé-diatement supérieur, cest-à-dire à quelques mètres plushaut, cétait différent :, sur deux branches géantes presquehorizontales, et reliées à laide de traverses, on pouvait éta-blir de solides entrelacs de paille, installer sur cette baseune petite cabane, ou bien en faire un lieu de refuge pour leschèvres ou les chiens, et dans ce cas, placer plus haut, contrele tronc, en manière de hune, une forte plate-forme en clayon-nage, capable de recevoir un ou plusieurs hommes.

» Dans la petite hutte se trouvaient tous les ustensiles def ménage nécessaires, le grand mortier à piler le grain et lacruche de terre à contenir leau ; sur la hune on resserraitles armes. Parfois même, à létage encore supérieur, étaitimprovisé un logis semblable, de sorte que plusieurs familleshabitaient le môme arbre, chacune ayant avec elle ses petitsobjets mobiliers et même son menu bétail, si celui-ci nétaitpas trop nombreux. La nuit, quand ils croyaient navoir rienà craindre, ces gens descendaient de leurs perchoirs, à laidedéchelles de cordes, pour aller sapprovisionner deau etchercher du grain à la masse cachée par eux, soit en terre,soit dans des fourrés presque inaccessibles. Du haut de leurrefuge, ils lançaient dabord, le cas échéant, sur lennemiqui se présentait au-dessous deux, leurs flèches de roseauhabituelles, engins assez inoffensifs, aiguisés à un bout,comme nos plumes à écrire, et alourdis à lautre par unemasse dargile fuselée; ce nétait que lorsque ladversairesoffrait dune manière sûre à leurs coups quils avaient rc-