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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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482 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

sa gauche, en arrière de la ligne de bataille, une troupe dirré-guliers qui lui avaient offert leurs services, et que commandaitMary Ciré, prince de la famille royale du Kaarta. Les chefs,tous à cheval, la tête enturbanée, le visage à demi caché sousun voile qui ne laissait apercevoir que le nez et les yeux, le fusilhaut, reposant sur larçon de la selle, avaient une attitudeimposante et martiale. Derrière eux se tenaient en bon ordre etlarme au pied leurs fantassins, heureux de montrer à desFrançais leurs sabres à fourreau ornementé, leurs splendidesboubous de guerre, labondance de leurs gris-gris. Mary Ciréétait lhomme des conseils hasardeux, téméraires ; rien ne luisemblait ni difficile ni dangereux; cétait un vrai casse-cou, jeveux dire quil encourageait volontiers les autres à se casser lecou. Pour le mettre à lépreuve ou pour lui donner une leçon, lecolonel lui dépêcha un lieutenant de son état-major, qui lui dit :

« Mary Ciré, le colonel te fait demander si toi et tes guerriersvous êtes assez braves pour donner lassaut, auquel cas il te faitle grand honneur de vous permettre de marcher les premiers. »Le bouillant Mary Ciré ne prit pas le temps de la réflexion et il irépondit avec une franchise tout africaine : « Va dire au colonel([ue nous ne sommes pas assez braves. » On assure que de cejour Mary Ciré est devenu plus circonspect dans ses conseils etquon le désoblige en lui parlant de Daba.

» Cependant la colonne dassaut sétait mise en mouvement;les tirailleurs marchaient en tête, linfanterie de marine les sou-tenait. Le capitaine Combes, qui a pris le commandement, sin-troduit le premier par la brèche avec laudace tranquille dunhomme qui ne croit pas au danger, et par miracle il ne reçoitpas une égratignure. Les défenseurs, écartés un instant par nosobus, se reportent en avant, ils ouvrent un feu meurtrier, quiralentit lattaque sans larrêter. On pénètre au cœur du village,on sy établit. Mais chaque case est comme une petite citadelle,quil faut prendre dassaut. Malgré lintensité de la fusillade etla grêle de balles qui sifflaient autour de lui, le capitaine Combes,aujourdhui chef de bataillon, écrivait au colonel de petits billetspour le tenir au courant de ce qui se passait, et la netteté deson écriture témoignait de son parfait sang-froid. Quelqueshommes grimpent sur les terrasses les plus élevées et font feusur les points se concentre la résistance. A son tour, la3° compagnie dinfanterie entre en action, et le colonel ne gardeen réserve auprès de lui quune compagnie de tirailleurs et les