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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

Gorée en 1800, et la perdent en 1804. Ils occupent la colonie tout entièreen 1809, et la restituent en 1817, conformément au traité de Paris de 1814.

Des conventions, conclues en 1819 avec les chefs du Oualo, cédèrent à laFrance la propriété de toutes les îles et terres de cette contrée quellevoudrait cultiver: alors furent construits, sur la rive gauche du fleuve,les forts de Richard-Toll et Dagana ; peu après, on éleva celui de Bakel.En 1824, l'exploitation du commerce de la haute Sénégambie fut concédée àla Compagnie commerciale et agricole de Galam et du Oualo. Mais la colonielanguit de 1825 à 1854. On tenta la culture du coton et celle de lindigo:léchec fut complet. Il fallut à plusieurs reprises (1826, 1830, 1832, 1843)repousser les attaques des chefs maures qui essayaient de sétablir surla rive gauche du fleuve. En 1848, le privilège de la Compagnie futsupprimé; et six ans plus tard, le gouvernement, harcelé par les pétitionsque les commerçants de Bordeaux et du Sénégal lui adressaient, résolutden finir avec les chefs maures qui outrageaient ses fonctionnaires, arrê-taient et pillaient ses marchands. Un programme de réformes énergiquesfut préparé par le ministre de la marine, sur les plans proposés par le capi-taine Bouët-Willaumez , ,et l'exécution en fut confiée au commandant dugénie Faidherbe, déjà populaire dans la colonie par son expérience, sadroiture, et sa compétence particulière dans les affaires indigènes.

Ladministration du gouverneur Faidherbe (1834-1865).De cette époque date la régénération du Sénégal . M. Faidherbe a tracéen ces termes le tableau de la colonie en 1854 :

« Le peu dEuropéens qui l'habitaient, une centaine au plus, y vivaient» ramassés sur un îlot de sable sans terre végétale, sans gazon,"sans ver-» dure, mal protégés contre les ardeurs dun soleil brûlant par de petites.» habitations mal construites. Les deux on trois fortins que nous possédions» le long du fleuve n'étaient que danciens bazars desclaves transformés en» marchés pour les gommes du Sahara . Aucun terrain ne nous appartenait» en droit et d'une manière définitive, puisquil y avait toujours une rede-» vance annuelle à payer pour tout point occupé "par nous. Partout lon» voulait faire du commerce, il fallait dabord payer, sons le nom de cou-a tûmes, des droits aux chefs indigènes, avant même de savoir si lon feraith des affaires ; le gouvernement, de son côté, payait un tribut à tous lesn chefs indigènes et aux princes maures de la rive droite du fleuve pour» acheter leur bon vouloir, ce qui nempêchait pas nos commerçants dêtren journellement en butte aux vols et aux violences de toutes sortes. La» population indigène était plus malheureuse encore, depuis le jour les» Maures Trarza sétaient rendus maîtres de la rive gauche du Sénégal . Il» n'est sorte dexactions, de pillages, de meurtres auxquels les nègres» qui habitaient ces contrées, ne fussent soumis; cent cinquante bourgs» quhabitait une nombreuse population nègre, dans le Oualo, avaient dis-» paru en moins dun siècle. »

Lutte contre les Maures. Le plus pressé était de nettoyer larive gauche du fleuve des Maures qui l'infestaient, et de dégager les" envi-rons de Saint-Louis. Trois ans et demi de suite, presque sans trêve, lescolonnes expéditionnaires, envoyées ou conduites par le gouverneur, tirentla chasse aux pillards maures. Le Oualo, le Cayor, le Djolof furent délivrés,les forts de lodor, Saldé, Matam, construits sur le fleuve, et les passagesfermés aux bandits. Ils furent même traqués sur leur propre territoire, àdroite du fleuve. « En 1858, dit M. Ancelle, les Maures Trarza, Brakna etn Douaïch, battus dans toutes les rencontres, épuisés par ces luttes inces-n santés, ruinés par les razzias, lassés par celte persévérance infatigable,