Ü08 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
» les postes ; il avait également écrit pour demander des appro-» visionnements, mais aucun secours ne lui était annoncé. Los» assiégeants avaient resserré leurs lignes d’investissement et» coupaient toute communication avec le dehors. Dès la fin de» mai, les vivres étaient rares à Médine, et la nombreuse popu-» lation du tata commençait à souffrir de la faim. Holl mit» en commun toutes les subsistances et réduisit tout le monde» à la ration. Les arachides constituaient la principale ressource;» mais, comme le bois manquait, au lieu de les brûler, il fallait» se résigner à les manger pilées et mouillées. Depuis longtemps,» le vin et l’eau-de-vie avaient disparu, la farine et le biscuit» étaient avariés. Chaque jour, les assiégeants se rapprochaient» des murs et s’efforcaient, par leurs promesses et leurs menaces,» de décourager les intrépides défenseurs du fort. Ils cherchaient» aussi à semer la division et la défiance, en promettant la vie» sauve à tous, sauf à Paul Holl, aux Européens et à Sambala.» Ce n’étaient pas de vaines menaces. On connaissait, pour» l’avoir éprouvée, la férocité des El-Hadjistes, et, pour peu que« les renforts espérés tardassent davantage, Médine succombe-» rait fatalement.
» La poudre manqua bientôt. On s’en procura de fort mau-» vaise en vidant un certain nombre d’obus. Les soldats étaient.» pour la plupart réduits à un seul coup. Les volontaires et» Sambala lui-même venaient fréquemment demander des mu-» nitions à Holl, et le commandant se contentait de leur» répondre: «J’ai là, dans ce magasin, beaucoup de poudre;» mais n’avons-nous pas tué assez d’ennemis? L’air en est em-» pesté. Attendez le jour du combat, et n’ayez peur; la déli-» vrance approche. » Cependant, à part lui, notre commandant» reconnaissait que le fort, dépourvu de vivres et de munitions,» ne tiendrait plus longtemps. Déjà ses hommes ne pouvaient» plus supporter les gardes et les veilles, et près de six mille» Africains, entassés dans le tata, mouraient de faim et de» misère. Déterminé à ne pas capituler, Holl fit part de sa réso-» lution au sergent Desplat, et tous deux convinrent de mettre» le feu aux dernières munitions, quand ils verraient l’ennemi» pénétrer dans la place.
» Le 18 juillet, il n’y avait plus à Médine de vivres que pour» quelques heures, et quels vivres ! lorsque de sourdes déto-» nations retentirent au loin. La petite garnison courut aux» murs, tout enfiévrée d’espoir. Bientôt on croit voir des c-os-