a08 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
» parages. » (Paul Gaffarf.l 1 , Les Colonies françaises . Paris ,1880, in-8°, G. Baillière.)
Quelques jours après, l’armée du prophète était détruite dans un san-glant combat; il essaya vainement l'année suivante de s’attaquer à nospostes solidement organisés et bien défendus. Dès lors il renonça à luttercontre la France , et lit la conquête du royaume de Ségou. Il périt en 1864,dans le Marina, et ses fils se partagèrent son empire.
Traités avec les Etats nègres. — Pendant les années 1858, 1859et 1860, des traités d’alliance ou de protectorat furent, signés avec les Etatsnègres du Sénégal et de la Gambie . I.e lieutenant-colonel Faron détruisit,près de Bakel, le village fortifié de Guémou, construit par El-Iladj ; leCoûta fut démembré en trois Etats indépendants, dont deux, le Damga et leToro , furent annexés à la colonie (1859). Du côté de la mer, les succès nefurent pas moins grands. Les royaumes de Baol, Sine et Saloum visités parnos colonnes signèrent des traités, et la France s’établit kRufisque, Portuâal,Joal et Kaolakk (1859). En 1860, 1861 et 1S62, le Cayor dut accepter notresuzeraineté, et un traité naus céda toute la côte entre Saint-Louis et Gorée ,sur une profondeur de trois lieues; la province du Gandiole, voisine deSaint-Louis , celle du Diander, en face de Gorée , furent également annexées.Dans le courant de l'année 1862, des troubles éclatèrent dans le Foutacentral ; des populations amies ayant été pillées par les Toucouleurs, troisexpéditions furent entreprises contre ces fanatiques (juillet-septembre 1862,janvier 1863). Vaincues et dispersées, les populations du Fouta-Toro deman-dèrent la paix.
Les reformes administratives. — La pacification étant achevée,l’œuvre de réforme administrative commença. « Tout était à créer, tout fut» entrepris et exécuté. Trois ponts furent construits pour relier Saint -» Louis à la terre ferme, et permirent à nos troupes de se porter rapidement» dans le Ouaîo et le Cayor, en même temps qu'ils facilitèrent les tran-» sactions commerciales. Des routes, des lignes télégraphiques relièrent le» chef-lieu de la colonie avec les postes les plus voisins. Le magnifique» port de Dakar aménagé, doté de trois phares, dut à cette transformation» complète d'ètre choisi, quelques années plus tard, comme point de relâche» des transatlantiques. Des écoles, des casernes, des établissements publics» de toutes sortes furent construits à Saint-Louis , en même temps que» furent créés une banque, un musée, une imprimerie, un journal (JIoiù-» teur du Sénégal ) et une école des otages où les fils des chefs nègres étaient» élevés aux frais du gouvernement français . Cette dernière institution» devait rendre de grands services à la colonie : apprendre notre langue» à ces nègres appelés à commander plus tard dans leurs petits Etats, les» initier à nos mœurs, à nos coutumes, à notre civilisation, n'était-ce pas» nous les attacher, nous préparer pour l’avenir de précieux alliés et faire» ainsi œuvre de colonisation intelligente ! Cette école fut, à tort, supprimée
1. Nous avons déjà eu plusieurs fois l’occasion de citer les études de M. GafFarel(V. notamment dans ce volume la page 121, et dans nos Lectures sur T Amériqueta page 490). Les travaux originaux et les ouvrages de vulgarisation du savant ettrès actif doyen de la Faculté des lettres de Dijon ont largement contribué auxprogrès de la géographie de notre temps. On sait que la Société de géographie de Paris lui a décerné en 1S80 le prix Jomard.