SÉNÉGAMBIE. 509
» quelques années plus tard. Des essais de culture du coton et de l’indigo» furent entrepris ; la culture des arachides encouragée prit des dévelop->: pements considérables; l’exportation de cette graine entre aujourd'hui,» pour la plus large part, dans le commerce de la colonie 1 . »
Dès 1859, sur l’initiative du gouverneur Faidherhe, commencèrent lesvoyages d’exploration dans l'intérieur. Le capitaine d’état-major Vincentfut envoyé dans l’Adrar; Boü-el-Moghda» de Saint-Louis à Mogador ; l’en-seigne de vaisseau Bourhel dans le pays des Maures Brakiia ; le sous-lieutenant indigène de spahis, Alioun-Sal, à Timbouktou, où il ne putarriver; les sous-lieutenants d’infanterie de marine, Pascal et Lambert,dans le Bambouk et le Fouta-Djallon . La plus fameuse de ces explorations,la plus périlleuse, et celle qui donna les résultats les plus féconds, fut celledu lieutenant de vaisseau Mabe et du docteur Qüintin. Ils étaient chargésde se rendre auprès d’El-lladj, de signer avec lui un traité d’alliance, etd’obtenir de l’ancien ennemi de la France l’autorisation d’établir descomptoirs de commerce entre Médine et le Niger . Les deux voyageursfurent retenus deux ans en captivité à Ségou, et après mille dramatiquesaventures, rapportèrent un traité de commerce, signé par Ahmadou. C’étaitla première tentative sérieuse faite pour ouvrir au Sénégal français l’accèsdu Soudan occidental. On verra plus loin les conséquences de ce voyage.
Telle fut l’œuvre féconde du gouverneur Faidherbe pendant les onzeannées qu'il passa au Sénégal (1854-1865), sauf des absences momentanées.11 avait assis solidement notre domination, donné des terres à nos colons,assuré le trafic de nos marchands, imposé à des indigènes insolents le res-pect de la France , et préparé la conquête commerciale du Soudan pourun avenir prochain. Depuis André Brüe , aucun administrateur ne saurait luiêtre comparé.
Les dernières années; les chemins de fer; la pénétrationau Soudan . — Onze ans se passèrent (1865-1876) pendant lesquels tacolonisation française demeura stationnaire. Quelques attaques furent répri-mées, quelques postes intermédiaires construits, quelques comptoirs créés,mais on parut oublier les plans magnifiques du gouverneur Faidherbe ; lamétropole avait malheureusement d'autres sujets de préoccupation plusdirects. Le réveil se fit en 1876, avec l’arrivée au Sénégal du colonel Brièrede l'Isle. Il eut le mérite de comprendre que l’avenir de la colonie étaitdans l’ouverture d’une voie commerciale vers le Niger , et l'honneur d'atta-cher son nom à la direction des premiers travaux. En 1879, une commissionconvoquée par M. de Freycinet , ministre des travaux publics, proposa depénétrée au Soudan et par l’Algérie et par le Sénégal . Le massacre de lamission Flatters ramena plus exclusivement l’attention vers le Sénégal . Surles avis de M. Legros, inspecteur général des travaux maritimes, M. Brièrede l’Isle proposa ia construction dè trois lignes de chemins de fer, et Failli-rai Janréguiberry, ministre de la marine, ancien gouverneur du Sénégal , sefit auprès du gouvernement et du Parlement, le champion des grands projetsconçus autrefois par le général Faidherbe, qui donnaient non l'Algérie , maisles postes du haut Sénégal , comme tètes de lignes aux routes commercialesdu Soudan . Les Chambres votèrent d’abord (1S79) un crédit de 500 000 francspour frais d'études préliminaires et pour la construction d’un fort à BaEou-