COTE ORIENTALE. BASSIN DU ZAMBÈZE . 609
foie. Les insolations sont souvent foudroyantes pour les Européens nonacclimatés. En 1869, le choléra a enlevé 35 000 personnes dans l'ile ;la ville a perdu 20000 habitants sur 80 000. — Productions. — Solriche et propre à la plupart des cultures tropicales : canne à sucre, indigo-tier, giroflier, riz, millet, sésame, moutama, manioc, mais, fatale; oran-gers, citronniers, manguiers, bananiers, cocotiers groupés en forêtsépaisses ; le pays est trop humide pour la culture du coton. — Indus trie presque nulle ; fabrication de bijoux et armes médiocres, de va seset poteries d'argile ; tannage des peaux et fabrication d’huiles de sésameet de coco. — Commerce . Le commerce extérieur a pour articles prin-cipaux : les esclaves, peaux et cuirs, cornes de rhinocéros, cire, gomme,sésame, cocos, girofle et surtout Tiroire, exporté de l’intérieur par les es-claves.— Exportations : en 1880, 21750000fr.— Importations: 17725000 fr.Mouvement du port en- 1882 : entrés 85 navires de 90000 tonnes, dont41 anglais , 10 américains, 10 allemands, 4 français , 15 arabes.
Superficie : 1600 kilom. car.— Population : 1200 000 habitants. — Co-lonie européenne évaluée à 50 personnes environ (agents consulaires, mé-decins, missionnaires, représentants et courtiers de commerce, personnelde riiôpitall. Les races indigènes sont diverses et très mêlées. Les princi-pales sont les Mohadimous, premiers habitants de l'ile, laboureurs ou pê-cheurs, dont le chef paie un tribut de 12000 piastres au sultan de Zanzi-bar; les Souhahili, descendants d’une colonie arabe, doux et amis desplaisirs ; les Meheliiris, venus de la côte d’Aden, portefaix, cultivateurs,soldats, fabricants de sacs et de nattes ; les Avgazias (émigrés de laGrande-Comore ), hardis pécheurs, bons marins, mais querelleurs et per-lides; les Indiens, musulmans ; et les Banians, adorateurs de Brahma, quiont accaparé tout le commerce (environ 3000', tous sujets anglais ; lesArabes venus de Mascate , formant la classe dominante, l'aristocratie dupays, nonchalants, paresseux, livrés à l'ivrognerie et à la débauche, men-teurs, vantards et cupides (5000 environ). Depuis 1873, le sultan Saïd-Bargasch a aboli l’esclavage et la traite dans ses Etats. — Beligion.La majorité professe l'islamisme; les Banians adorent Brahma; les indigènespratiquent en général les plus bizarres superstitions. — Armée . — Unetrentaine d'artilleurs, I'ersans mercenaires ; autant de Turcs et d’Egyp-tiens ; 900 Bélouehis ; 600 Iladramis, disséminés dans les places ; 50 à60 cipayes ; tous armés de longs fusils, la plupart à mèches, « vieux restesdes fabriques d’Angleterre ». — Harine : 2 frégates de 40 et 21 canons,une corvette de 16, un transport de 6, 2 vapeurs. — Budget.— Les douanessontafi'ermées pour310000 piastres (1G74000 fr.); les tributs et les plan-tations de girofle produisent un revenu d'environ 2 millions. Cette listecivile est en même temps le budget de l'Etat : « Il en résulte, dit M. Ger-» main, que rien ne se fait dans l’intérêt public; que les gouverneurs des» villes, qui paient souvent au lieu d’ètre payés, pressurent les riches,» lesquels pressurent les pauvres ; que les villes tombent en ruine ; que,» sur la cote, le vol et le pillage sont à l’ordre du.jour, et que Pautorité du» sultan est subordonnée, partout au dehors de l'ile, aux besoins du mo-<> ment, aux intérêts et aux caprices des chefs et surtout à leurs rivalités. »Le sultan actuel de Zanzibar, aujourd’hui indépendant de l’iman de Mas cate , est Bargasch-ben-Saîd, depuis 1870; souverain éclairé et philanthrope,favorable aux explorateurs et missionnaires, il combat de toute son in-fluence la traite des nègres sur la côte orientale soumise à son in-fluence ; mais il est impuissant à la réprimer dans le centre del'Afrique .
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