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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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COTE ORIENTALE. BASSIN DU ZAMBÈZE . 703

» ieur prêchant la douceur et la paix, leur enseignant le respect de la vie» humaine, et l'amour du travail. Dans ces villages perdus au cœur de» l'Afrique , hommes et femmes venaient sans défiance à sa rencontre,» criant : « Viens à nous, toi qui nous apportes le sommeil, toi qui enfin» nous feras dormir. » Partout il vit le nègre à l'état de nature, il le» connut bon, naïf, facile aux généreux enthousiasmes, sensible à la recon-» naissance; il ne le connut méchant, rusé et cruel que lorsquil était déjà» vicié par le contact des trafiquants de la côte 1 . »

En 1849, Livingstone était sur les bords du Colobcng, chez les Betjouanas, il avait fondé une mission. L'hostilité des Boërs du Transvaal, et lessécheresses persistantes de la contrée, le forcèrent à chercher une stationplus habitable. En suivant les rives de la Zouga ou Botletlé, et de sonaffluent, le Tam.aloucan.il atteignit, le l or août 1849, lextrémité nord-est dulacNgami, grande nappe deau peu profonde, sorte de chott vaseux perduau nord du désert de Kalahari . Ce lac, qui reçoit au nord la rivière Tiogé,ou Coubango, a environ ISO kilomètres de circonférence. Le lac Ngami, àlépoque des crues, parait communiquer par les marécages du Botletlé avecles affluents du Limpopo et ceux du Zambèze 2 .

Livingstone parvint en 1831 sur la Tc/io6é(Couando), oùhabitaientlesMako-Iolos, sujets du roi Sébitouané. Ce chef puissant, lun des plus remarquableset des meilleurs de lAfrique australe , avait étendu au loin sa domination ;il accueillit généreusement les missionnaires, et mourut malheureusementquelque temps après leur arrivée. Sa fille, qui lui succéda, laissa Livingstoneet ses compagnons parcourir librement la contrée, et au mois de juin 1831,après un voyage de 200 kilomètres vers le nord, ils découvrirent à Séchékéle fleuve Zambèze , au cœur même du continent africain . Cétait lépoquedes basses eaux, et la rivière avait encore en cet endroit de 300 à 600 mètresde largeur. Livingstone revint au Cap. L'année suivante, une nouvelle expé-dition le conduisit à Linyanti. Il y fut reçu au milieu des cris de joie dela population, et le fils de Sébitouané, S'ékélétou, qui avait succédé à sasœur, lui fit un accueil royal, tandis que les Mambarès, venus à Linyantipour recommencer la traite des nègres, senfuyaient de la ville, en mena-çant de détrôner Sékélétou. Le roi africain remonta avec Livingstone le Zam­ bèze , qui en amont du Tiogé prend le nom de Liambaye, atteignit Nariélé etle confluent de la Liba, et tous deux revinrent à Linyanti.

Quelques mois plus tard (novembre 1853), le docteur repartait avec leprojet douvrir une route entre Séchéké et Saint-Paul de Loanda. Uneescorte de Makololos consentit à l'accompagner. Ils suivirent de nouveau laLiambaye, large de 300 mètres, dont la vallée fertile, regardée jusque- parles géographes comme une mer de sable, pourrait nourrir des millions d'ha-mtants; puis la Liba, rivière plus paisible et gracieuse, dont les eaux som-bres serpentent au milieu de prairies délicieuses et de massifs darbres majes-tueux. A Chicondo. le chef leur offrit des paniers pleins de manioc, et en retourLivingstone donna à ses deux femmes « une quantité suffisante de beurre

L Am. Gasquet, Géographie générale , p. 600.

«. Le voyageur anglais T. Baines, qui se proposait douvrir une route de com-jueree entre locéan Atlantique et la mer des Indes, et qui se rendit à cet effet doa baie Valfich aux chutes Victoria parle lac Ngami, a complété sur ce parcourses decouvertes du docteur Livingstone ; ses observations sur le lac Ngami et sc3orients du Nord concordent avec celles do Livingstono.

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