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COTE ORIENTALE. BASSIN DU ZAMBÈZE ,qui forme à son tour un angle droit avec la fissure des chutes.Cette crevasse est à peu près à 1070 mètres du bout occi-dental de l’abîme, et à 548 mètres de l’extrémité orien-tale. C’est à son entrée que les deux torrents se rejoignent etforment le tourbillon. Réduit maintenant à une largeur appa-rente de 18 à 27 mètres, le Zambèse se rue vers le sud ensuivant ce canal étroit sur un espace de 119 mètres. Arrivé là,il se trouve en présence d’une seconde crevasse plus profonde,et presque parallèle à la première. Abandonnant alors la partieorientale de ce nouveau gouffre à de grands arbres qui en ta-pissent le fond, il se détourne brusquement pour courir àl’ouest, et découpe ainsi un promontoire de 1070 mètres delongueur, sur une base qui en a 365.
» Après avoir entièrement descendu le second côté de cetriangle, les eaux doublent tout à coup la pointe d’un autrecap, et vont se jeter à l’est dans un troisième abîme. Ellesglissent autour d’un nouveau promontoire, beaucoup plusétroit que les autres, reviennent au couchant, où elles seversent dans un quatrième gouffre; et nous les voyons au loindécrire un nouvel angle, puis se diriger à l’est vers un nouvelabîme. Dans ce prodigieux zigzag, les parois sont si nettementtranchés, les saillies et les pointes des angles sont tellementvives, que l’on ne peut s’empêcher de croire que le trapp ba-saltique, dont cette auge immense est formée, a été fendusubitement, et disposé ainsi par une force souterraine, sansdoute à l’époque où les anciennes mers intérieures se sontécoulées par des fissures analogues, pins rapprochées del’Océan.
» Quand la rivière est basse et qu’on peut y arriver, c’estde l’Ile du Jardin qu’on a la meilleure vue du gouffre, ainsique du bord opposé, avec ses grands arbres verts et ses bril-lants arcs-en-ciel, décrivant trois quarts de cercle. Parfois aunombre de quatre, ces arcs lumineux reposent sur la face decette grande muraille, que de minces filets d’eau descendentsans cesse pour remonter toujours, balayés qu’ils sont par lestourbillons de vapeur qui s’échappent de l’abîme.
» La totalité des eaux roule dans l’abîme en nappe unie et