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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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COTE ORIENTALE. BASSIN ZAMBÈZE . 713

» paisiblement au bord des lagunes ; près du bord, des plotus» allongent tant quils peuvent leur cou de serpent, tournent un» œil après lautre vers le Ma-Robert , puis senvolent et plon-» gent ou se contentent de déployer leurs ailes et de se disposer» au départ ; les pélicans, en train de pêcher, glissent à la sur-» face de leau ; les graves marabouts explorent dun pas solen-» nel les canaux leau séjourne, afin de se régaler dun» poisson mort ou dun cadavre humain. Plus loin, des groupes» dhommes arrachent des racines de lotus qui, grillées, ont le» goût de la châtaigne. Dautres, debout dans leurs canots, aua milieu des étangs remplis dherbes, pêchent à la lance, pen-» dant que leurs camarades, poussant leurs pirogues sur les» petits cours qui sillonnent le marécage, vont examiner les pa-» niers qui leur servent de filets. Enfin, lextrémité nord-est de» ces marais est fermée par une forêt de palmiers, à la cime« verdoyante, aux troncs droits comme de grises colonnes, et» qui sert de repoussoir à une chaîne de montagnes dont la ver-» dure est tendre, les roches cristallines et anguleuses, et dont» les pointes aiguës ressemblent à du verre brisé. » (David Li­ vingstone , Explorations dans lAfrique australe , trad. de M mc Lo-rcau, chap. vi.)

Ces marais sont situés sur le territoire des Manganjas, « race active et labo-rieuse, qui cultive les champs, extrait du sel. fait des paniers et des nattes,travaille le fer et le coton, et habite des villages bâtis sur le bord des ruis-seaux. à lombre darbres épais. » Au-dessus des cataractes Murchison,lexpédition rencontra le lac P amalombé, formé par la Cbiré, et remplidexcellent poisson; enfin le 16 septembre 1839, elle apercevait la viveméridionale du fameux lac ou Nyassa des Maravis, deux mois avant ledocteur allemand Rosclier, qui sy rendit la même année en partant de lacôte de Quiloa. Livingstone y séjourna peu : en attendant, larrivée du nou-veau bateau, le Pionnier quil avait demandé en Angleterre, il revint àTété, et fit une nouvelle visite à Linyanti au roi des Makololos (1860;. Aumois de janvier 1861, le Pionnier arrivait à la barre du Zambèze aveclévèque Mackensie et plusieurs missionnaires envoyés dOxford et deCambridge aux riverains du lac N'yassa. Après un retard de plusieurs moiscausé par lopposition du gouvernement portugais , le Pionnier navigua surla Cbiré. Sur fa route, Livingstone et ses compagnons rendirent plusieursfois & la liberté des troupeaux desclaves que des escortes de noirs, agentsdes négriers portugais , emmenaient à Tête, à coups de fouet, le carcan aucou. Le lourd bateau, porté par terre à dos d'hommes, fut mis à flot au-delà des cataractes, et suivit la Cbiré jusquau Nyassa. Ce lac, un des plusbeaux de lAfrique , est entouré de hautes montagnes de 3 000 à 3 6Ü0 mètres ;scs rives fertiles, quand Livingstone les "explora, étaient habitées par une