COTE-ORIENTALE. BASSIN DU ZAMBÈZE . 715
lac. On s’embarqua sur la Chiré pour se rendre à Magomero et à Blantyre ,où des missions étaient installées, mais Livingstone apprit à Chibisa la mortde l’évéque Mackensie et du missionnaire Burrup; M mc Livingstone mourutelle-même de la fièvre à Choupanga, sur le Zambèze , et le docteur Thorntonsuccomba à Chibiza au retour d'une exploration qu'il venait d’accomplir surla Rovouma en compagnie de Livingstone. Ses malheurs n’avaient pasabattu le docteur : rappelé à Londres en 1864, il allait y faire les préparatifsde son dernier voyage * 1 .
La station «le Pamla ma Tenka ; les lionsde l’Afrique australe .
Quand on quitte, par le nord, le territoire du Transvaal, en franchissantle .fleuve Limpopo qui lui sert de limite, on entre dans la région habitée parles tribus Betchouanas. La haute chaîne des monts Matoppo sépare lesrivières qui descendent au Limpopo , vers le sud, de celles qui se jettent,au nord, dans le Zambèse . Le premier versant est occupé par les tribusNakalakns et Bomangoualos le second parles tribus Matebelés et Bengoulas;plus loin au nord, sur la rive gauche du haut Zambèse , s'étend le royaumedes Maruisês. C’est là que le docteur Holub 2 a, pendant sept ans, dirigé,
le Nyassa . M. Young réussit à monter sur le lac le petit vapeur en acier, Vllala,fonda au cap Mbana ou Maclear, au sud du lac, la mission Livingstonia , et croisasur le Nyassa , pour faire connaître aux tribus riveraines la nouvelle stationfondée par l’Angleterre. « Les rivages du lac, écrit-il, ne sont plus aussi peuplés» qu’autrefois.car le plus grand nombre des habitants ont été emmenés en cscla-» vagë. J’ai visité tous les établissements des négriers arabes, et la vue seule du» bateau à vapeur a répandu la terreur au milieu d’eux; il y a cinq dhaous» (bâtiments) qui servent à transporter les esclaves d’un rivage à l’autre. D’après» ce quo j’ai pu apprendre de ce trafic, je croirais volontiers qu’on n’en trans-it porte pas moins do 20000 par an. Au sud et à l’ouest, la population est groupée>t autour des chefs que les Arabes emploient à faire la guerre aux tribus de l’in—» téricur du côté de l’ouest, et tous leurs prisonniers sont réduits en esclavage» et emmenés par les marchands arabes... Dans quelques parties du lac, on voit» des quantités do villages bâtis dans l’eau sur pilotis; en d’autres endroits,» beaucoup d’habitanls vivent sur des rochers nus. Ce sont les rares qui ont» échappé dans leurs canots aux négriers. Pauvres infortunés ! ils traînent une» existence bien misérable. Nous avons visité quelques sites délicieux, et les» emplacements de nombreux villages où le sol était couvert de milliers de sque-» lelles, restes do pauvres êtres qui avaient été tués en essayant d’échapper aux» chasseurs d’esclaves. » — (Mission du lac Nyassa.)
1. Ces coûteuses expéditions, jointes à la faillite d’un banquier de Bombay,qui tenait en dépôt une partie de sa fortune, avaient presque complètement ruinéle grand voyageur. A son retour à Londres , le comte Russell lui envoya un con-seiller de la reine pour le consulter sur le genre et l'ctcndue de la récompenseet des dedommagements qu’il pouvait désirer. Livingstone fit à l’envoyé celteréponse admirable d’abnégation et do générosité : « Je n’ai hesoin do rien pourmoi; arrêtez seulement le trafic des esclaves, et vous comblerez mes vœux audelà de toute mesure. »
2. Le docteur Emile Holub , né à Prague , a parcouru pendant sept ans(1872-79) la région de l’Afrique australe qui s’étend du Griqualand au Zambèse .En visitant ces districts qui avaient été, trente ans plus tôt, le théâtre des pre-mières explorations du grand Livingstone , M. Holub en a étudié de près la fauneet la flore; naturaliste sagace et chasseur intrépide, il a rapporté de ses trois