GABON ET OGOOUÉ.
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1“ RÉSUMÉ GÉOGRAPHIQUE
A. Gabon et Ogooué . — Le fleuve Gabon (M'pongo) forme à sonI embouchure un magnifique estuaire long de 60 kilomètres, large de 12 à 15 ;il fournit aux navires un abri commode et sûr. Il reçoit les eaux de plu-sieurs rivières ; les principales sont le Como, grossi du Bogoé, et le Rham-boc. Le Como est navigable jusqu’au mouillage de Ningue-Oingué.
A la France appartiennent également deux autres cours d’eau importants :au nord, à 23 milles du Gabon , le Monndah, qui finit près du cap Esterias,cédé par le traité du 1 er avril 1844; — au sud, l 'Ogooué ou Ogoieai, quise jette dans la mer un peu au-dessous du cap Lopez, à 60 milles duGabon . L’Ogooué est large et profond, dans la partie inférieure (delta,120 kilomètres), mais son cours est coupé de nombreux rapides; il ne liaitpas au cœur de l’Afrique ; il est grossi de la Passa, de VOkauda, du N’Garnie.
La capitale des possessions françaises de la Guinée inférieure est Libre-ville. A droite du Gabon , les autres" comptoirs sont Louis , Glass-tovm, facto-I rerie anglaise ; à gauche du fleuve, Port-Denis.
Population. — Il est presque impossible de l’évaluer, vu l’instabilité des■ tribus nomades indigènes. Il n’y a guère que 200 habitants sur le littoraleuropéen. Les principales tribus indépendantes sont : les M’Pongwé, demi-civilisés. les Oroungou, les N’Rarni, les Ajoumba, les Inlenga, les Sekiani, lesBaluilais, et surtout les Fans ou Pahouins , les Osyebas et les Apfourous,maîtres des affluents du Gabon , de la rivière Mondah, du haut Ogooué eti du Congo de la rive droite. Ces dernières tribus sont les plus sauvages etI les plus dangereuses de toutes. Il faut signaler à part les Batékc, que M. deBrazza a placés sous le protectorat de la France .
Gouvernement. Administration. — A la tète de la colonie est un com-mandant, assisté d’un chef du service de l'intérieur et d’un chef du servicejudiciaire; le premier dirige la comptabilité et l’intendance. A côté ducommandant siège un conseil, composé des chefs de service et de deuxnotables; ce conseil a voix consultative. — Justice : Tribunal de premièreinstance, composé d’un juge président. Les crimes sont jugés par la courde Saint-Louis du Sénégal . — Instruction publique. Elle a été jusqu’à cejour confiée à des missionnaires. L’école des garçons a 206 élèves, l’écoledes filles 83 ; on apprend aux enfants les éléments de la langue françaiseet l’exercice de métiers divers. Des missionnaires protestants américainsont récemment fondé des écoles ; l’enseignement du français est obligatoire,par décret du 9 avril 1883. — Cultes. Le culte catholique’ est exercé par lesprêtres des missions, qui reçoivent de l’Etat une subvention annuelle de20,000 francs. — Productions. La culture principale est celle du manioc;>1 y a quelques rizières et du maïs. On a fait à Sibange des essais de