ILES MASCAREIGNES.
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fraîche atmosphère, tandis que les sucreries de la zone infé-rieure sont livrées aux noirs tourbillons de fumée et à lafièvre industrielle. Plushaut enfin, un enta-blement de plateauxaux croupes onduléessépare les versants del’est et de l’ouest et lesgroupes montagneuxdu nord et du sud, à12 et 1500 mètres d’é-lévation au-dessus duniveau de la mer, dansun climat favorable àtous les produits del’Europe et aux donsde la nature tropicale.
Çà et là, de ces pla-teaux se détachent, àplus de 3000 mètresd’altitude, des mornescrevassés et des pitonsaigus, dont la cime estcouverte de neige, etqui rendent de précieuxservices à l’agriculturepar les intarissables réservoirs de leurs sources. Dans la régionseptentrionale, entre les principaux groupes se déploienttrois vastes cirques formés dans l’âge moderne par l'affais-sement des assises inférieures du sol qu’avaient rongées lesfeux souterrains 1 . Dans quelques parties de file, comme à
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Les cannes à sucre.
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1. Les deux grands cirques de Salasie et Cilaos sont séparés entre eux par uncap de montagnes, haut de 3069 mètres, à pentes abruptes, qu’on appelle loPiton des Neiges. Une autre montagne, à peu près de même hauteur, le Gros-Mornc, domine aussi le cirque de Salasie. Le 26 novembre 1875, à six heures dusoir, sans qu’on eût ressenti le moindre tremblement de terre précurseur, unepartie du Piton des Neiges et du Gros-Morne s’écroulèrent dans le cirque doSalasie, recouvrant 150 hectares de terre de leurs décombres, accumulés sur uno