856 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
prolongé sur les trois cinquièmes environ du littoral, de Saint- Benoit à l’est à Saint-Pierre au sud-ouest, en passant par lenord, la partie la plus cultivée et surtout la plus peuplée del’ile. Le port occupe à peu près le milieu de cette ligne de126 kilomètres, qui a rencontré des obstacles difficiles à fran-chir. C’est d’abord la rivière du Màt, exutoire du cirque deSalazie, sur laquelle il a fallu jeter un pont métallique do100 mètres de portée; puis le cap Bernard, entre Saint-Denis et le port, longue falaise de 12 kilomètres, interrompue seule-ment en son milieu par deux fissures jumelles. On la traversepar un tunnel de 10 226 mètres, qui vient tout de suite après lemont Cenis 1 pour la longueur, mais dont l’exécution a été sin-gulièrement facilitée par les galeries latérales qu’on a pu ouvrirsur la mer et qui ont fourni autant de points d’attaque qu’on avoulu. La ligne rencontre ensuite la rivière des Galets, qu’onfranchit sur un pont métallique de 400 mètres, divfsé en huittravées de 50 mètres; puis la Grande et la Petite-Itavine, surlesquelles on a jeté des viaducs en maçonnerie de 35 à40 mètres de hauteur ; enfin la rivière Saint-Etienne, exutoiredu cirque de Cilaos , laquelle a exigé un pont métallique de518 mètres.
» L’exécution de ces travaux a duré moins de cinq années,et, le 12 février 1882, on pouvait livrer aux voyageurs quiaffluaient immédiatement de tous côtés, prenant la compagnieau dépourvu pour le nombre de voitures et surtout de machinesnécessaire à un trafic décuple de ce qu’on avait prévu. Malheu-reusement la ligne est à voie étroite, d’un mètre de largeur,avec des rails de 14 kilos, des courbes réduites jusqu’à80 mètres de rayon, des rampes fréquentes de 15 à 20 milli-mètres, ce qui oblige à ne pas dépasser la vitesse de 20 kilo-mètres à l’heure et à ne pas composer les trains de plus de douzevoitures ; c’est parfois insuffisant, car des besoins de locomotionimprévus se sont brusquement révélés parmi cette population
» la commune de Saint-Pierre profitait de l’cmbouehurc entourée de récifs, d’un» torrent pour y jeter les fondations d’un petit havre, lorsque deux ingénieurs» européens, MM. Fallu de la Barrière et Lavalley, obtinrent du Conseil général,» en 1874, la concession d’un port à creuser à l’extrémité méridionale de la» pointe des Galets. Dix-huit mois plus tard, en 1875, une voie ferrée étaitf » ajoutée à la concession primitive, afin d’apporter un aliment ou port à créer,» lequel se serait trouvé sans cela isolé à un bout de la colonie. » — {Note defauteur.)
i. Il faut dire aujourd’hui après le Saint-Gothnrd et le mont Cenis.