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L' Afrique : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ILES MASCAREIGNES.

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agglomérée autour de locéan. Jusque- les grandes rivières etles coulées de laves, qui plongent directement dans la mer leursgigantesques falaises, rendaient longues, parfois périlleuses ettoujours extrêmement difficiles les communications entre lesdivers quartiers de lile de Saint-Paul à Saint-Denis, il fallaitpasser par mer, et sur une mer toujours furieuse. Parfois lesbateaux, surpris par un coup de vent, allaient aborder à Mada­ gascar , et lon pleurait pendant des semaines et des mois lesvoyageurs que lon croyait naufragés.

» Lendroit choisi pour creuser le port est assez étrange et nese justifie guère que par la nécessité déchapper aux rivalités lo-cales en se plaçant sur un point désert, de manière à naccorderde préférence à personne. Cest le seul port, si je ne me trompe,quon ait eu lidée de construire à lextrémité du cône de déjec-tion dun torrent. Choisir un tel endroit, cétait dabord se pri-ver volontairement de toute rade, puisque, à une ou deux enca-blures des jetées, on trouve déjà des fonds de 70 mètres ; enoutre, cette pointe, sans cesse remaniée par les flots, se trouvejuste au point de jonction des deux courants marins qui embras-sent Pile ; leurs remous y produisent des ras de marée formi-dables et presque continuels ; enfin le courant occidental portejuste devant lentrée du port tous les troubles de la Rivièredes Galets, sans compter les divagations probables de ce tor-rent à travers limmense plaine que ces apports ont successive-ment formée.

» Lingénieur en chef, M. Blondel, et lingénieur ordinaire,M. Joubert, ont eu à lutter contre des difficultés très grandes.Les deux jetées, de 150 mètres de longueur, dont les musoirssavancent par des fonds de 15 mètres, sont construites en blocsappareillés de GO mètres cubes chacun. Une grue puissante, ap-pelée le Titan, mettait successivement en place les énormesmoellons de ces murailles de géants. Mais létat de la mer, quibattait ce promontoire avancé, ne permettait parfois que deux.ou trois jours de travail par mois. Le dernier bloc a été posé endécembre 1882, et les dragues ont pu creuser la passe qui con-duit dans lavant-port par un chenal de f 00 mètres de largeurentre les jetées. Pendant ce temps, des machines spéciales, quonappelle excavateurs, creusaient les bassins ; mais la grosseurdes galets quon rencontre sans cesse mêlés avec les graviers dusous-sol ralentit et disloque les appareils. » (E. PEi.agaud, Lilede la Réunion. Nouvelle Revue, 1 er septembre 1883.)