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Rapport de l'envoyé extraordinaire de la Confédération suisse au Brésil : (du 6 octobre 1860) / Monsieur de Tschudi, au Conseil fédéral sur la situation des colons établis dans ce pays
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Fasenda , mais cela est arrivé aulrefois à diverses reprises à Ibicaba.Le colon est absolument libre daller travailler quand il lui plaît, decesser dagir quand il le trouve bon, il nexiste aucun contrôle desheures de travail. Mais il est dans son propre intérêt, surtout au tempsde la récolte, dêtre aussi assidu que possible à louvrage. Sil luiprend envie, surtout quand la cueillette est terminée, de seller soncheval (et plus de la moitié des colons ont des chevaux de selle) etde courir le pays à cheval un ou plusieurs jours, il ne vient à lidéede personne de len empêcher. 11 ny a pas en Europe de rapport dedomesticité, sans même vouloir parler ici des jours de travail obliga-toires des pauvres ouvriers de fabriques, qui ne soit bien plus un es-clavage que ne lest la position des moitressiers à Sao Paulo .

On mobjectera peut-être que par les dettes contractées le colonse trouve réduit à un état pareil à celui de lesclavage. Cette objec-tion nest pas juste. Le colon, dans chaque colonie, peut, munis d'unpermis du propriétaire, sabsenter pour huit jours et plus pour cher-cher un autre maître qui paie au premier la dette contractée par lecolon. Il est bien vrai quil ne lui est pas loisible de rompre soncontrat (de dissoudre ses rapports) sans préalablement payer ses dettes.En Europe un domestique qui aura reçu des avances de son maîtrene peut pas davantage dissoudre ses rapports de domesticité quaprèsavoir servi pour sacquitter, ou qu'il aura remboursé ce qui lui a étéavancé. Les colons qui sont rangés et laborieux acquittent annuelle-ment une certaine quote de leur dette, à moins quexceptionaellementil ne leur arrive quelque revers; ceux au contraire qui sont pares-seux laugmente au lieu de léteindre. 11 est vrai que ces derniers netrouvent pas facilement un nouveau propriétaire, car ils sont préjudi-ciables au maître dont ils sont les débiteurs, en ce que le premierna aucun moyen de contrainte à sa disposition pour les obliger àtravailler et par à sacquitter. Je connais des colons fainéants etdautres qui sont faibles, qui, franchement parlant, ne parviendrontjamais à sacquitter de ce quils doivent, qui ne travaillent pas mêmepour couvrir la totalité des intérêts; mais ceux- ne se plaignentpas, ils vivent au contraire parfaitement contents. Voici simplementquel est leur raisonnement: Je suis logé; jai à manger à discrétiondes denrées alimentaires que je cultive et que je vends, je me fais unpetit pécule qui me suffit pour me procurer les vêtements les plusnécessaires et un verre deau-de-vie; avec tout cela je nai pas besoinde méreinter à travailler. Ce que je dois ne minquiète guère; si jeviens à mourir, cest mon maître qui y perdra.

Jai durant tout le temps de mes enquêtes dans les colonies re-cherché consciencieusement si je pourrais trouver quelque autre rap-port qui pût justifier la dénominationdesc/<M>a<?e, mais je suis forcéde rendre justice à la vérité et davouer que je nen ai trouvé aucun,que par conséquent je ne trouve pas que ce terme soit justifié.