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Fasenda , mais cela est arrivé aulrefois à diverses reprises à Ibicaba.Le colon est absolument libre d’aller travailler quand il lui plaît, decesser d’agir quand il le trouve bon, il n’existe aucun contrôle desheures de travail. Mais il est dans son propre intérêt, surtout au tempsde la récolte, d’être aussi assidu que possible à l’ouvrage. S’il luiprend envie, surtout quand la cueillette est terminée, de seller soncheval (et plus de la moitié des colons ont des chevaux de selle) etde courir le pays à cheval un ou plusieurs jours, il ne vient à l’idéede personne de l’en empêcher. 11 n’y a pas en Europe de rapport dedomesticité, sans même vouloir parler ici des jours de travail obliga-toires des pauvres ouvriers de fabriques, qui ne soit bien plus un es-clavage que ne l’est la position des moitressiers à Sao Paulo .
On m’objectera peut-être que par les dettes contractées le colonse trouve réduit à un état pareil à celui de l’esclavage. Cette objec-tion n’est pas juste. Le colon, dans chaque colonie, peut, munis d'unpermis du propriétaire, s’absenter pour huit jours et plus pour cher-cher un autre maître qui paie au premier la dette contractée par lecolon. Il est bien vrai qu’il ne lui est pas loisible de rompre soncontrat (de dissoudre ses rapports) sans préalablement payer ses dettes.En Europe un domestique qui aura reçu des avances de son maîtrene peut pas davantage dissoudre ses rapports de domesticité qu’aprèsavoir servi pour s’acquitter, ou qu'il aura remboursé ce qui lui a étéavancé. Les colons qui sont rangés et laborieux acquittent annuelle-ment une certaine quote de leur dette, à moins qu’exceptionaellementil ne leur arrive quelque revers; ceux au contraire qui sont pares-seux l’augmente au lieu de l’éteindre. 11 est vrai que ces derniers netrouvent pas facilement un nouveau propriétaire, car ils sont préjudi-ciables au maître dont ils sont les débiteurs, en ce que le premiern’a aucun moyen de contrainte à sa disposition pour les obliger àtravailler et par là à s’acquitter. Je connais des colons fainéants etd’autres qui sont faibles, qui, franchement parlant, ne parviendrontjamais à s’acquitter de ce qu’ils doivent, qui ne travaillent pas mêmepour couvrir la totalité des intérêts; mais ceux-là ne se plaignentpas, ils vivent au contraire parfaitement contents. Voici simplementquel est leur raisonnement: Je suis logé; j’ai à manger à discrétiondes denrées alimentaires que je cultive et que je vends, je me fais unpetit pécule qui me suffit pour me procurer les vêtements les plusnécessaires et un verre d’eau-de-vie; avec tout cela je n’ai pas besoinde m’éreinter à travailler. Ce que je dois ne m’inquiète guère; si jeviens à mourir, c’est mon maître qui y perdra.
J’ai durant tout le temps de mes enquêtes dans les colonies re-cherché consciencieusement si je pourrais trouver quelque autre rap-port qui pût justifier la dénomination „d’esc/<M>a<?e“, mais je suis forcéde rendre justice à la vérité et d’avouer que je n’en ai trouvé aucun,que par conséquent je ne trouve pas que ce terme soit justifié.