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Rapport de l'envoyé extraordinaire de la Confédération suisse au Brésil : (du 6 octobre 1860) / Monsieur de Tschudi, au Conseil fédéral sur la situation des colons établis dans ce pays
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Les colons sont éloignés des villes de 1 à 7 ou 8 lieues. Lajeunesse catholique qui entend le portugais se trouve donc précisé-ment dans la même position que le propriétaire et sa famille; si ladistance nest pas trop grande, elle peut aller à loffice tous les di-manches.

Pour tenir compte de tous les besoins, il faudrait pouvoir ins-taller un prêtre catholique parlant lallemand , un pasteur protestantparlant lallemand , et un prêtre catholique parlant le français ; maiscomment Jes répartir quand on considère la vaste étendue sur laquelleles colons se trouvent disséminés? Il y a par exemple un groupedObwaldois à Jundiahy, un second à quelque trente lieues de prèsde Sao Joao do Rio Claro. Une poignée de protestants près dAm-paro, une autre à 10 lieues de distance, près de Campinas , puis à

10 eu 12 lieues plus loin une troisième encore près de Limeira.Chacun de ces groupes est trop peu nombreux pour quil fût possiblede salarier un ecclésiastique uniquemment pour chacun deux. Il esten outre très difficile de trouver des ecclésiastiques convenables.Dona Francisco,, Sao Panlo et Petropolis prouvent surabondammentcombien est grande la difficulté.

Quelques propriétaires se sont efforcés de remédier en quelquesorte à cet inconvénient; cest ainsi que le commandador QueirozTelles a fait venir une fois un prêtre catholique allemand pour sesObwaldois. Le propriétaire, Luciano Texeira, a appelé plusieurs foisun prêtre français (fe Itu. Mais ces cas sont si fort isolés, ils arri-vent si rarement quils prouvent plus en faveur de la bonne volontéde quelques propriétaires quils ne satisfont dune manière tant soitpeu satisfaisante à un besoin profondément senti.

Un pasteur protestant allemand de Sao Paulo a fait lannée der-nière la tournée des colonies; il a prêché, baptisé, confirmé et bénides mariages. Cette tournée a réagi avantageusement sur les colons,et si lon pouvait arriver à ce quun ecclésiastique protestant renou-velât deux fois lannée ces visites pastorales, on pourrait se flatterdavoir atteint tout ce que dans ces conjonctures exceptionnelles il estraisonnablement possible dexiger. Par les colons ne seraient pasdu moins entièrement privés des consolations de la religion. Un pluslong séjour dans le pays familiarisera toujours davantage les colonsavec la langue dominante; cest pourquoi ceux de la confession ca-tholique sont moins à plaindre que les autres, dautant que, commenous lavons remarqué plus haut, les plus jeunes parlent déjà touscourramment la langue portugaise.

La même difficulté soppose également à létablissement décoles.

11 nest pas possible de nommer un régent pour chaque petit groupede 3 à 4, et au plus de 10 à 12 familles. Qui se chargerait de lesalarier, et trouver des individus capables? Dans plusieurs Fazendas