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Les colons se plaignaient enlin de ce que quand, en mourant,les parents laissaient des dettes, les enfants tombaient dans l'es-clavage des FazeBdeiros, et c'est ce que l’on a cru généralement enSuisse . Cette plainte n'était pas absolument dénuée de fondement. 11est arrivé des cas où, après la mort des parents, les propriétairess'appuyant sur le principe de solidarité, les enfants mineurs ont étérendus solidaires des dettes de leurs parents. Mais cela n’était qu’unesuite de la négligence impardonnable des autorités. Aucun orphelinde colon n’avait de tuteur. J’ai donc exigé dans tout le cours de monvoyage des juges tutellaires (juizes des orphaoes) qu’il fût immédia-tement nommé des tuteurs aux orphelins, ce qui dans la plupart descas a eu lieu encore durant mon séjour au Brésil . Je les ai rendusattentifs qu’il était de leur devoir de faire comprendre aux proprié-taires que malgré la responsabilité solidaire stipulée dans les contratsles enfants mineurs jouissent du droit de bénéfice d'inventaire. J’aiégalement expliqué aux colons comme quoi les enfants orphelins nesont pas solidaires des dettes de leurs parents, ce qui les a fort tran-quillisés. J’ai demandé qu’il fût nommé des tuteurs non-seulement àtons les orphelins des colons suisses d’origine, mais encore à ceux des autresnations, et à mon retour à Sao Paulo j’ai rendu le gouverneur de laprovince attentif à la négligence commise jusque là par les autorités.Il me promit de faire incessamment parvenir un office circulaire àtous les juges tutellaires et de leur recommander sérieusement la ponc-tuelle observation de leurs devoirs.
Ce qui m’a étonné, c’est que dans le voyage qu’ils ont fait aux .fins de dresser des enquêtes, les deux commissaires impériaux n’aientpas fait la moindre attention aux ophelins.
Le dernier, le Dr. Machado Nunes, ne fait pas non plus mentiondans son rapport d'une plainte énoncée presque généralement par lescolons, savoir la privation d'églises et d'écoles. Cette plainte m’avivement préoccupé pendant tout le cours de mon voyage, sans quepour cela j’aie pu réussir jusqu’ici à imaginer un moyen d'y remé-dier efficacement, vu que, comme Votre Excellence s’en convaincra,des circonstances contraires s’opposent à une heureuse solution decette question. Les colons se composent: a. de catholiques de langueallemande, 6- de protestants de langue allemande, c. de catholiquesde langue française, d. de quelques protestants de langue française.En général ces colons entendent fort peu le portugais ; les femmescependant le parlent plus couramment que les hommes; les enfantsen revanche parlent en général couramment la langue du pays. Lescolons d'un certain âge ne peuvent conséquemment fréquenter le cultecatholique portugais , mais bien leurs enfants. Les colons sont dissé-minés par groupes sur une étendue d’environ 45 lieues de long sur25 de large. Ce n’est que sur deux points, à Sao Laurenzo et àIbicaba, qu’on les rencontre groupés en plus grand nombre.