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dernière espérance en mon voyage et en mon rapport ; ils savent quesi cette fois aucun secours ne leur arrive, ils n'auront plus jamais rienà espérer.
Puisse leur espérance ne pas être déçue !
Lu meilleure preuve que tant de colons ne sont si fort endettésque parce qu'ils ont reçu des avances de leur commune d'origine,c’est que pre.que tous ceux qui n’en ont point obtenu se sont déjà li-bérés depuis une couple d’années. Tous ceux qui travaillent aux routes,qui ont fait la traversée an moyen d'avances du gouvernement impé-rial et ceux-ci à qui, pour des circonstances particulières, on a relâchéune partie de leurs dettes, possèdent à présent sans exception aucuneun petit pécule; plusieurs d’entre eux se sont même déjà acquis unejolie fortune, car dans la province de Sao Paulo tout homme labo~vieux et rangé , qui n'y arrive pas trop chargé de dettes trouve àgagner de l’argent et à faire forfune.
Je ne saurais passer ici sous silence un grave inconvénient ré-sultant de la garantie solidaire: quand le fils nubile d'un colon veutse marier, il est obligé de se charger de sa quote des dettes du père;si les circonstances dans lesquelles se trouve la fiancée sont identiques,elle en fait autant. Ce jeune couple entre ainsi en ménage avec desdettes qui s’augmentent encore considérablement, vn que, avant qu’ilpuisse faire une première récolte sur le plantage qui lui est assigné,il est ohligé de se pourvoir de vivres auprès du propriétaire. Aubout de l’an il y a d’ordinaire un enfant aux soins duquel la mèredoit se vouer, l’homme alors resté seul pour travailler et peut à peinealors diminuer sas dettes.
2. Les contrats ambigus, élastiques sous tous les rapports.
On ne comprend pas comment des préposés de communes ont puconclure pour leurs ressortissants des contrats dont la rédaction estsi peu précise et susceptible de toutes sortes d'interprétation, lesquels,comme cela va sans, dire sont toujours exploités au préjudice des co-lons, comme p. ex. le §, 3 dans lequel il n’est pas stipulé que lescoIods aient à payer les frais de voyage de Santos aux colonies, maisoù il n’est pas dit non plus que ce voyage sera gratuit. D’aprèsla rédaction du paragraphe, les colons étaient convaincus que la mai-son Yergueiro et Cie. subviendrait aux frais du transport par terre,et ils n’ont pas été peu étonnés de se voir chargés à propos de cevoyage d’une forte somme, d’autant plus considérable que la coloniese trouvait plus éloignée de Santos.
Au §. 3 de l’article 4 il n’est pas indiqué d'une manière pré-cise combien de temps les colons auront à recevoir des vivres deleur maître. Plusieurs colons ont abusé du vague de cette clause pourretirer des vivres des années durant de l'administration du domaine,sans s'inquiéter autrement que par là ils augmentaient de plus en plus