30 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
des deux régions prises dans leur ensemble; « elle est empreinte d'une ma-» nière ineffaçable dans l'histoire du pays, aussi bien que dans le sol. —« La Haute-Ecosse est, sans comparaison, un des pays les plus infertiles» et les plus inhabitables de l’Europe . L’imagination ne la voit qu’au tra-» vers des rêves charmants du grand romancier écossais ; mais, si la plu-» Dart de ses sites méritent leur réputation par leur grandeur agreste, ces» belles horreurs se soumettent peu à la culture. C’est un immense rocher» de granit, tout découpé de cimes aiguës et de profonds précipices, et» qui, pour ajouter encore à sa rudesse, s’étend jusqu’aux latitudes les plus» septentrionales. Les Highlands font face à la Norvège , qu’ils rappellent» à beaucoup d’égards. La mer du Nord , qui les entoure et les pénètre de» toutes parts, les bat de ses tempêtes éternelles; leurs flancs, sans cesse» déchirés par les vents et tout ruisselants de ces eaux intarissables qui» vont former à leur pied des lacs immenses, ne se couvrent que rare-» ment d’une mince couche de terre végétale. L’hiver y dure presque toute» l'année, et les lies qui les accompagnent, les Hébrides , les Orcades , les» Shetland, participent déjà de la sombre nature irlandaise. Plus des trois» quarts de la Haute-Ecosse sont incultes; le peu de terre qu'il est pos-» sible de travailler a besoin de toute l'industrie des habitants pour» produire quelque chose; l'avoine elle-même n’y mûrit pas toujours. »(L. de Lavergne, Economie rurale de VAngleterre , t. VIII.) — LesHighlands sont à l’ouest et au nord; les lowlands, au sud et à l’est;la séparation, du nord-est au sud-ouest, en est indiquée par la ligne dedépression du Strathclyde ou Strathmore ou Grande Vallée, qui s’étendsur la mer du Nord , delà baie de Montrose au flrth du Forth . Cette plaineintermédiaire, large de 60 kilom., jusqu’au flrth de la Clvde, renferme lesrichesses minérales et agricoles les plus abondantes de l’Ecosse ; le sol yest fécond, les communications faciles, le climat doux; elle est le principalfoyer de population et de civilisation du pays. — La direction générale deschaînes écossaises n’est pas du nord au sud, comme en Angleterre, maisdu sud-ouest au nord-est : on peut les diviser en trois groupes isolés parles deux grandes dépressions transversales du Strathmore et du Glenmore.— 1° Groupe méridional ou des Lowlands , composé des CheviotsHills, monts peu élevés, mais néanmoins gênants pour les communications;les sommets du Cheviot , du Blackhall, le Carter Fell, le Peel Fell, quidominent les borders ou districts montneux de la frontière anglo-écossaise,ue dépassent pas 813 mètres. A l’ouest, les Cheviots rejoignent, par lamontagne à’Ettrick, le Hartfell (810 m.), les Lowther hills (758 m.),nœud montagneux de formation silurienne, aux cimes escarpées, recou-vertes de gazons (point culminant, le Merrick, 854 m.). Au nord-est, unplateau inégal relie le Broad-Law (830 m.), les Muirfoot Ilills, et lesLammermuir (475 m.), séparant le Berwickshire de l’East Lothian , régiondes fermes modèles, des grandes propriétés et des puissantes familles histo-riques. Un petit massif volcanique, les Pentland Hills, s’y rattache, entrel’Esk et la Leith, au sud d’Edimbourg . Au nord du Forth , entre la mer etla dépression du Strathmore, les Ochill Hills et les Sidlaw Hills s’étendentdu Forth à l’Esk; Perth occupe la brèche ouverte par le Tay entre leStrathmore et la presqu’île de Fife. — 2° Groupe central ou massifdes Grampians . Il s’élève, comme un rempart, au delà des plaines dela Clyde et du Forth, sillonné de creuses vallées et de bassins lacustres,couronné de dômes ou de pyramides de granit, et projette au loin, dansles deux mers, ses promontoires abrupts et ses rochers entaillés de fiordssinueux. — Les Grampians ont leurs chaînes dominantes à l’ouest; le pre-