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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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70 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

» l’œil du voyageur se repose enfin sur l'azur délicieux d’un ciel d’été... Il» ne découvre aucun sentier pour sortir du vallon, à moins de gravir les» bords du précipice. Les fortes racines du genêt lui servent d’échelons, les» branches du coudrier lui prêtent leur aide; il atteint, de la sorte, la pointe» aérienne du roc, d’où il découvre le lac Katrine, brillant, aux rayons du so-» leil couchant, comme une plaque polie d’or massif. Toute l’étendue deter-» rain, qu’occupe le lac, se montre à ses regards, avec ses promontoires, ses» baies, ses criques et ses îles; au loin enfin, il aperçoit les montagnes qui» se tiennent debout, comme des géants gardiens d’une terre enchantée. Bien» haut, vers le sud, l’énorme Beu Venue se projette sur le lac en une masse» confuse de rochers, d’élévations boisées, et de monticules sauvages, sem-» blables aux débris d’un monde primitif : Une sombre forêt s’étend sur ses» bras ruineux. Vers le nord, au contraire, le Ben An élève dans les nues» son front décharné. » (La Dame du Lac.)

l>a chaussée des Géants.

Le Bann, rivière très poissonneuse du nord de l’Irlande , porte à l’Océanles eaux du lac Neagh. Elle traverse la petite ville industrielle de Coleraine ,qui fabrique des toiles de lin, et elle va se jeter à la mer, à l’est de Por-trush, considéré comme le débouché maritime de Coleraine . Ce port, de mé-diocre importance, est le rendez-vous principal des touristes qui veulentvisiter la chaussée des Géants. Le littoral est bordé de hautes falaisesaux formes bizarres, comme celles de l’Ecosse occidentale; l'une d’elles,surnommée la Tête du Géant , a le profil d’une tête humaine de20 mètres de hauteur. Dans les rochers, s’ouvrent trente-cinq cavernes pro-fondes, qui ont servi jadis de refuge aux vaincus dans les guerres civilesou religieuses de Pile . Sur un roc isolé, que bat l’Océan, à 35 mètres au-dessus du Ilot, se voient les ruines imposantes du vieux château de Dun-luce, une des principales citadelles de la grande famille des Mac Donnell;tous ces rochers cachent un souvenir historique ou quelque curieuselégende.

Depuis la grotte de Portarn, jusqu’au châteaude Dunseverick,les rochers basaltiques, si communs sur toutes les côtes d’An-trim, présentent les variétés de formes les plus intéressantes.La chaussée des Géants est loin de monopoliser l’admiration dutouriste; vue de la mer, elle paraît très mesquine, car sa lar-geur et sa hauteur ne sont pas proportionnées à la grandeur dutableau d’alentour; mais elle est le plus beau joyau de cetteadmirable chaîne de merveilles.

» De la mer, en face de Portarn, on voit à l’orient des falaisesénormes, la plupart en colonnes de basalte noir, assises sur descouches d’ocre rouge ou jaune, et qui entourent sept ou huitports de différente grandeur. Ces falaises sont quelquefois bai-gnées par l’Océan ; en d’autres endroits, elles reposent sur untalus terreux et couvert de gazon. Les colonnes sont superposées