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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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88 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,

en été, 7 en hiver. 11 faut deux journées de charrue pourlabourer un acre. Voilà pour le logement, la nourriture et larente... Il y a aussi les impôts, la taxe du comté pour lesroutes, dont tous les tenanciers payent leur part, la taxe dospauvres et la dime qu’ils payent de moitié avec le proprié-taire, quand la rente dépasse -4 livres sterling. On ne peut passe dispenser de payer l’impôt, on ne peut pas se dispenser nonplus de se nourrir, et quand la pomme de terre a manqué,quand les avoines n’ont pas réussi, quand le travail est rareen Angleterre, quand on a imité la cigale de préférence à lafourmi, chose trop commune en Irlande et ailleurs, c’est unproblème bien difficile à résoudre. La charité publique etprivée y pourvoit sans doute, mais le paysan irlandais a leivorkhouse en horreur, et on lui mesure avec parcimonie lessecours à domicile. N’est-il pas pitoyable de voir toute unepopulation réduite à vivre de charité dans un pays où, quoiqu’on en dise, la terre est loin d’être une marâtre?... Il s’agitencore de se vêtir, de pourvoir aux frais du culte et de l’édu-cation des enfants, enfin de s’accorder, si la chose est possible,un minimum deluxe. Les vêtements de la semaine ne coûtentpas cher, et on ne les quitte guère que lorsqu’ils prennent eux-mêmes l’initiative de la séparation ; peut-être les garderait-onplus longtemps, si l’aiguille n’était pas un outil absolumentinconnu dans les chaumières irlandaises, malgré l’abondanteproduction qui s’en fait en Angleterre. On ne raccommoderien, et on ne nettoie que les habits du dimanche. Ceux-ci nesont pas aussi misérables que pourrait le faire supposer l’af-freux délabrement des autres. J’ai assisté, un dimanche, à lamesse dans l’église de Monivea, et j’ai été frappé du bon étatet delà propreté des costumes, presque de l’élégance des toi-lettes. On se serait cru dans un village aisé du nord de laFrance ou de la Belgique . Point de blouses de toile, des habitsen bonnes étoffes de laine, des chapeaux et du Jinge ; lesfemmes ont des bonnets blancs repassés, quelques-unes deschapeaux; celles dont la tête est nue ont les cheveux enordre, toutes portent des souliers : la plupart, à la vérité, lesgardent à la main jusqu’à l’entrée de l’église. Il y a quelques