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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE . 89

boys pieds nus, mais propres. L’église, d’apparence modeste,est bien tenue. »

Le clergé catholique irlandais est entretenu par les contributions volon-taires des fidèles ; on paye au curé une somme fixe à Pâques et à Noël : lecasuel provient des mariages, baptêmes et enterrements. Les évêques reçoi-vent une partie des revenus du clergé paroissial, et sont titulaires de cer-tains curés. Le clergé est très populaire en Irlande . Les ordres religieuxsont représentés par des établissements peu nombreux, vu la pauvreté dela population; clergé séculier et régulier portent le même costume, redingotenoire et chapeau rond. Avant 1864, les catholiques irlandais payaient ladime à l’Église anglicane; aujourd’hui, le gouvernement, après avoir indem-nisé 'i l’Église privilégiée », la perçoit à son profit. — Quant à l’instructionpublique, le gouvernement s’en occupe plus activement. Il a créé et doté desécoles nationales, et rendu l’instruction non obligatoire, mais laïque, etpresque gratuite. Le prix de l'écolage est de 4 shellings par trimestre, maison n’a pas encore pris l’habitude de payer, « et un avertissement pendu à» la muraille se borne à inviter les parents ou les protecteurs des enfants à» donner au moins 6 pence. Il ne paraît pas que cette invitation ait eu tout» le succès désirable ». Bien que les enfants suivent les cours avec unegrande irrégularité, les progrès de l’instruction primaire sont remarquables.

» Les parents élèvent leurs enfants à petits frais; lespommes de terre dont ils les nourrissent se récoltent dansl’enclos, et les vêtements se récoltent sur les parents quandles habits de la semaine sont arrivés à leur extrême maturité.On trouve, çà et là, quelques jolis visages dans cette marmaillebarbouillée et dépenaillée, et le paysan du comté de Galway ne répond point d’ailleurs au type peu flatteur des caricaturesdu Punch 1 . Le nez est correct, la figure régulière, les yeuxbleus, les cheveux bruns, l’expression spirituelle et madrée,quelque chose du renard. Les enfants ne sont pas le principalarticle des dépenses de luxe. Il y a d’abord et avant tout lewhisky; il y a ensuite, sur le second plan, le thé, le sucre etquelques autres douceurs dont on avait pris l’habitude dansles bonnes années... Toutes dépenses faites, reste-t-il quelquechose au petit tenancier pour les mauvaises années? Pasgrand’chose àcoup sûr... Le petit tenancier du comté de Galway peut vivre dans une aisance relative quand l’année est bonne;il vivrait mieux s’il avait moins de goût pour le whisky, et si

1 . Le Punch est un des journaux satiriques illustrées les plus populaires etles plus répandus de l’Angleterre.