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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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90 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE,

sa femme connaissait l’usage de l’aiguille et du savon ; maisque la pomme de terre vienne à manquer, le voilà à deuxdoigts de la ruine. C’est un dicton populaire en Irlande , qu’iln’y a pas trois mauvaises années entre le petit tenancier et lafamine 1 . » (De Molinari 2 , l'Irlande, le Canada , Jersey ,Paris , in-18, 1881,Dentu.)

lia Cornouaille et le Glamorgan : les mines.

Les deux comtés de Devon et de Cornouaille occupent l’extrémité occiden-tale de l’Angleterre entre la Manche et le canal de Bristol. C'est une régionde brouillards et de pluies; il tombe en moyenne 1 à 2 mètres d’eau paran sur les pentes du Itartmoor; les côtes sont bordées de récifs; les vents ysoufflent avec violence, et les tempêtes sont fréquentes; nulle mer n’estplus féconde en naufrages ; les parages des îles Scilly ou Sorlingues, dontles maraîchers fournissent à Londres les primeurs de leurs jardins, sontparticulièrement redoutés. Celte péninsule, déchiquetée par les flots, estune des plus riches contrées de la Grande-Bretagne, on a pu dire qu’ellefournissait trois récoltes : « celle qui mûrit à la surface du sol, la mois-» son; celle qui provient du sein des eaux, la pèche; et celle qu’on retire» du sol par le travail des mines ».

La Cornouaille possède des vallées fertiles, bien abritées et bien arro-sées; ses pâturages nourrissent des bœufs et des chevaux robustes, desvaches qui fournissent un lait abondant et renommé ; ses champs produisentdes céréales, des légumes et des primeurs; la douceur du climat, prèsde la côte, est telle, qu’on rencontre dans les jardins, à côté de fleurs ma-gnifiques, des plantes et des arbustes qui n'appartiennent plus à l’An-gleterre.

« Les myrtes, les lauriers, les fuchsias, les grenadiers, les hor-» tensias atteignent une taille remarquable, dit M. Esquiros,» fleurissent bravement à ciel ouvert et forment entre eux des» haies, des buissons, des rideaux odorants, qui garnissent avec

1. Sur les 192SS propriétaires de l’Irlande , dont le revenu est évalué à 325 mil-lions de francs, 742 possèdent à eux seuls près de la moitié du territoire ; 5S5 000 te-nanciers, représentant une population de 4 millions d’individus, vivent sur ce sol.Voici les noms de quelques-uns des grands propriétaires avec les chiffresofficiels de leurs revenus : — marguis de Downshire , 110 000 acres, 91000liv. st. ; — Richard Wallace , 61000 acres, 74000 liv. st.; — comte FitzWilliam , 92000 acres, 47 000 liv. st. ; — duc de Leicester, 68 000 acres, 47000 liv.st. ; — marquis de Londonderry , 27 000 acres, 37 000 liv. st. ; — due d’A bercorn ,63000 acres, 35000 liv. st. ; — marquis Conyngham, 156000 acres, 32000 liv. st. ;— marquis de Waterford, 65000 acres, 32000liv. st. ; — marquis de Landsdowne,120000 acres, 31 500 liv. st. ; — marquis de Clanricarde, 52000 acres, 20000 liv.st. ; — marquis de Sliqo , 114000 acres, 16000 liv. st. ; — comte de Bantry ,69 000 acres, 14000 liv. st.; — Richard Berridge , 169000acres, 8000 liv. st. ( Surles grands propriétaires anglais et écossais , voir p. 84.)

2. ' Sur M. de Molinari, v. nos Lectures sur l’Amérique (2" édit. 1884, p. 80).