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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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GRANDE-BRETAGNE ET IRLANDE . 107

spectacle n’a rien d’extraordinaire. Des montagnes énormeset des rangées sans fin de sacs, de tonneaux, de caisses, deballots, encombrent les quais, les digues, les ponts, l’entréedes rues; on voit de longs murs d’enceinte, beaucoup de mai-sons noires, et partout des fumées d’usines, des machines enmouvement, une grande cohue d’ouvriers et de marins; lemouvement, plus considérable et plus varié, qu’on voit danstous les grands ports. Seulement, quand on arrive au grandtournant de la Tamise , on commence à remarquer qu’onn’avait jamais parcouru un aussi long espace entre des na-vires; et, après le tournant, on est fort étonné de trouverencore, dans la nouvelle direction, des mâts et des voiles àperte de vue. Mais c’est bien autre chose, quand on s’aperçoitqu’au delà de ces mâts et de ces voiles, derrière les grandsmurs qui s’étendent le long des deux rives, il y a d’autres fo-rêts de mâts, serrées, profondes, confuses; à gauche, lesgrands bassins des docks des Indes occidentales, qui couvrentuue superficie de 100 hect. ; à droite, les grands docks ducommerce,et les docks de Surrey , qui s’étendent à plusieursmilles dans les terres. On ne navigue plus entre deux rangéesde bâtiments, mais entre deux rangées de ports, et le regardne peut embrasser tout le spectacle. Quand on a dépassé lesgrands docks, on chemine pendant plusieurs milles entre lespetits docks ; mais toujours entre des forêts de mâts, des mu-railles noires de magasins grands comme des villes, et desmontagnes de marchandises. On passe devant le glorieux hô-pital de Greenwich , et on fait le tour de l’île des Chiens. Il ya déjà deux heures qu’on navigue ; les navires deviennent plusrares, et quoique les magasins, les usines, les maisons, sesuccèdent sans interruption sur les deux rives, le port sembleprès de finir. On respire ! on avait besoin d’un peu de repos ;on était las de s’émerveiller. On avance ainsi pendant uneautre heure, en pensant déjà à Londres comme à une villelointaine, et au vacarme du port, comme à un spectacle desjours passés ; quand tout à coup, voici, à un détour du lleuve,de nouvelles rangées de navires, de nouvelles forêts lointainesde mâts et de vergues, de nouveaux docks immenses, un