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laume, comte de Hollande et seigneur de Frise , époux de Marguerite de Bourgogne , fille de Philippe le Hardi (1417); les luttes et les aventuresromanesques de sa fille unique, Jacqueline ae Hainaut, qui, restée veuved'un premier mari, Jean de France, abandonnée du second, Glocester, futcontrainte, pour sauver le troisième, François de Borselen, d’abandonner àPhilippe le Bon ses Etats héréditaires, firent de la maison de Bourgognela souveraine des Pays-Bas divisés. Déjà maîtres de la Flandre , de l’Artois,du Hainaut, du Brabant, les ducs de Bourgogne rendirent pendant cinquanteans la paix aux campagnes, mirent fin aux querelles des villes, et les défen-dirent contre la rivalité des villes hanséatiques (1428-1442); Amsterdam devint un port de commerce de premier ordre. Après la mort de Charles le Téméraire (1477), sa fille Marie accorda aux Hollandais une charte deprivilèges, le droit de s’assembler, de se gouverner, de décider de la paix,de la guerre, etc. C’est de leur aveu qu’elle épousa en 1478 l’archiducd’Autriche Maximilien, et, quand elle mourut en 1482, les Pays-Bas furentlégués à Philippe le Beau , son fils.
Période habsbourgeoise (1482-1581). — A la maison française deBourgogne se substitua la maison allemande de Habsbourg . Le mariage dePhilippe avec Jeanne de Castille (1496), prépara l’incorporation des Pays- Bas à la monarchie espagnole. En 1506, ils furent placés sous la régence deMarguerite u’Autriche, veuve de Philippe de Savoie, pendant la mino-rité de son neveu Charles d'Autriche . L’histoire des provinces belges ethollandaises est alors confondue; elles forment ensemble le cercle de Bourgogne , et passent sous la domination de Philippe II , après l’abdica-tion de Charles-Quint , et le partage de son empire (1555). Alors commen-cent les persécutions et la guerre. Tandis que Charles-Quint , flamand denaissance et d’éducation, avait respecté les privilèges des pays néerlandais ,son fils Philippe , castillan d’origine, de mœurs et d’opinions, voulut enfaire une simple annexe de la monarchie espagnole, et en extirper l’hérésie.L’intolérance politique et religieuse de l’Espagne réunit d’abord dans unealliance étroite les gueux de terre et de mer, les provinces flamandes catho-liques, et les Etats calvinistes néerlandais . Mais une scission éclata entreles coalisés à cause de la religion, et les provinces du nord, fidèles à Guil laume d’Orange , fondèrent la république calviniste des Provinces-Unies (1581). L’assassinat de Guillaume (1584), l’âme de l’insurrection, le père dela patrie, ne changea rien à Yacte d'abjuration de La Haye. Son fils,Maurice de Nassau , fut proclamé stathouder à sa place, et le roi Philippe III reconnut l’indépendance des Provinces-Unies en la déguisant sous le nomde Trêve de douze ans (1609). L’émancipation fut ratifiée par l’Europe ,après la guerre de Trente ans, par les traités de Westphalie (1648).
Les Provinces-Unies indépendantes (1648-1795). — Les dis-cordes qui éclatèrent entre les patriciens bourgeois et le parti stathou-dérien et populaire, entre les arméniens et les gomaristes, et qui coûtèrentla vie à l’illustre Olden Barneveld , grand-pensionnaire de Hollande ; larévolution de 1650, qui fut la revanche de l’aristocratie républicaine etabolit pour vingt-deux ans l’autorité du stathouder, ne ralentirent pas ledéveloppement maritime et la prospérité commerciale de la nouvelle confé-dération. Dès la fin du seizième siècle, Amsterdam recueillait l’héritaged Anvers ; en trois expéditions audacieuses (1594-1596), Willem Barentz ,cherchant au nord-est une route de commerce plus directe que le Cap,découvrait le Spitzlierg et la Nouvelle-Zemble , et dépassait avant tous lesautres le 80» degré de latitude; Cornelis de Houtman visitait Java et l’ar chipel de la Sonde , et y nouait partout des relations. En 1602, le grand-