214
LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
eaux, le 7 juin 1848. Deux autres machines, le Cruquius et leLijnden, vinrent à son aide. Aujourd’hui le dessèchement est unfait accompli. » (Alphonse Esquiros , la Néerlande et la vienéerlandaise. — Revue des Deux-Mondes ; 1833.)
Le dessèchement avait duré trente-neuf mois ; les machines eurent à dé-verser dans la mer, par le canal de ceinture, 924266112 mètres cubesd’eau, c'est-à-dire la masse liquide d’un lac qui dépassait 180 kilom. car.et avait une profondeur moyenne de 4 mètres. Le travail coûta 7 240 368 flo-rins, et donna à la Hollande une nouvelle campagne où poussèrent de bellesrécoltes, où s’élevèrent de nombreuses métairies dont la réunion formeaujourd’hui l’une des communes les plus populeuses de la Hollande septen trionale ; le village principal, Hoofddorp , bâti au centre des polders, aucroisement des routes et des canaux, prend de plus en plus l’aspect d’uneville.
Le dessèchement du Zuyderzée. — Après le dessèchement du lacde Haarlem , grand de 18 000 hectares ; après la mise en culture du golfe del’Y, opération qui a coûté 64 millions de francs, la Hollande se proposede couper par une énorme digue la moitié du Zuyderzée, et d’ajouter auroyaume une douzième province. « Le Zuyderzée est la plus jeune desmers européennes. » Quand les Romains envahirent ces parages, ils netrouvèrent qu’un pays marécageux, couvert de forêts, au centre desquelless’étendait le lac Flevo, que la rivière Flevum mettait en communicationavec la mer. En 1282, une effroyable tempête jeta la mer dans le lac etnoya toute la plaine d’alentour; et pendant six siècles, les Hollandais nesongèrent pas à lui disputer sa conquête. En 1849, l’ingénieur von Digge-len conçut le premier le projet de dessèchement du Zuyderzée ; en 1865,M. Rocluissen le reprit, rédigea des mémoires, y intéressa la société duCrédit foncier ; une commission d’Etat déclara le projet praticable, eten 1874, le roi l’approuva; les Etats-généraux, les chambres de commerce,les conseils municipaux, la presse demandèrent qu’on se mit à l’œuvre sanstarder.
» ... La grande digue est la plus importante des constructionsà exécuter; elle est aussi la plus difficile. Selon le projet, ellepartira de la ville d’Enkuizen, sur la rive occidentale, se diri-gera en ligne droite jusqu’à l’île d’Urk, puis, avec deux anglesrentrants très ouverts, rejoindra la côte orientale à Kampen .Elle sera longue de 40 kilomètres, avec 50 mètres de largeur àla base et 8 mètres au-dessus du niveau, moyen des hautesmers, déterminé par le point de repère d’Amsterdam . La bermeextérieure aura S mètres; la berme intérieure portera une voieferrée et un chemin de halage pour le canal riverain. Sur troispoints, à l’île d’Urk, à Enkuizen et à Kampen , de doublesécluses ouvriront une communication avec la mer libre.
a Pour comprendre que l’industrie de l’homme ne recule pasdevant un pareil travail, il faut se rappeler que le Zuyderzée