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est très peu profond, que son lit est partout semé de fonds bas,qu’à côté d’un chenal de 13 à 20 pieds s’étendent de vastesbancs de sable, recouverts d’eau à 3 ou 4 pieds seulement. Enoutre, par un heureux hasard, l’un de ces bancs de sable s’étendsans interruption, d’Enkuizen à Kampen , et il fournira pour ladigue une assise solide. Si l’on devait traverser des terrains tour-beux ou vaseux, la difficulté serait doublée ; mais on sait parexpérience que ces sables compacts portent sans danger lespoids les plus lourds ; on a pu même y bâtir, sans pilotis, des
ponts de chemin de fer sur Ja ligne d’Amsterdam.Tout
est nettement prévu, et le succès est assuré. A vrai dire, lesuccès ne suffit pas ; il faut encore le profit; mais le profit, luiaussi, ne semble pas douteux, lorsqu’on considère l’étendue desterrains desséchés, les rares qualités du sol et le prix probable derevient. » (G. Héüelle, Revue des Deux-Mondes , 13 nov. 1873.)
On a calculé en effet que sur les 196 610 hectares qu’enfermera la digue,ISO 000 pourront être mis en culture. Si ces terres fertiles étaient venduesau prix de 4000 francs l'hectare, comme celles du polder de Wijkermeer,la somme produite dépasserait 186 millions; les frais prévus pour les tra-vaux de dessèchement n'atteignent pas 250 millions.
Les canaux; le toux* du Zuydcrzée.
Parmi les plus beaux travaux publics de la Hollande , il faut citer legrand canal du Nord-Hollande , qui va du golfe de l’Y jusqu’à la me r duNord sur une longueur de 80 kilomètres, une largeur de 40 mètres et uneprofondeur de 6. Commencé en 4819, il fut achevé en 1825 et coûta30 millions. Par ce canal, les plus grands bâtiments arrivent en moins devingt-quatre heures delà mer du Nord dans le port d'Amsterdam . L’entréedu canal est à Nieuwe-Diep, qui est le port du Ilelder. Le long du quai sesuccèdent de grands établissements maritimes, l’Institut naval, les chan-tiers, les magasins de la marine. A l’extrémité commence la formidabledigue du Helder, longue de 8 kilomètres, qui défend la ville et le port.Elle est bordée de redoutes et de canons, et forme une route magnifique,haute de 10 mètres, large de 20, construite avec des blocs de pierreamenés de Belgique et de Norvège . Ces travaux étonnants ont été commen-cés en 1811, sur l’ordre de Napoléon, qui voulait faire du Helder, en facede l'Angleterre, un « Gibraltar du nord. »
Le canal de 80 kilomètres, d’Amsterdam au Helder, ne suffit bientôt plusaux exigences de la navigation. Un nouveau canal fut creusé de l'est àl’ouest, de 1865 à 1876, entre Amsterdam et la mer du Nord , sous ladirection des ingénieurs Hawkshaw et Dirks, par l’entrepreneur Lee. Inau-guré en 1876 par le roi des Pays-Bas , le nouveau canal a coûté 50 mil-lions : il a 26 kilomètres de long, 88 pieds de largeur au fond, 207 à lasurface, 23 pieds de tirant d’eau. En desséchant les lagunes et les maraisqui en bordent les rives, on les a convertis en polders fertiles, qui se
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