328 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
teints ou imprimés (Zurich, Argovie, Glaris, Saint-Gai!, Appenzell ; plusde 2 millions et demi de broches) ; mousselines et broderies de Saint-Gall, Ilérisau, Thurgovie; soieries et rubans de Bâle, Zurich (industrieexercée dès le treizième siècle et ranimée par les réfugiés calvinistesfrançais), qui font nne redoutable concurrence aux produits français ;industrie liniëre de Berne ; fez et lainages de Glaris ; tresses et cha-peaux de paille de Wohlen (Argovie), de Fribourg:, du Tessin . Tanneries,papeteries, blanchisseries ; Yhorlogerie concentrée dans le Jura , et rivalede la production française, date de 1587 ; Genève est le centre de la fabri-cation de luxe ; les autres ateliers et écoles d’horlogerie sont à Neuchâtel ,le Locle, la Chaux-de-Fonds, Sienne , Porentruy, etc. (plus de 100 millionspar an); bijouterie, boites à musique, jouets, instruments de pré-cision à Genève; orgues de Lucerne ; industrie du bois sculpté, fondéepar Fischer, de Brienz (1825), répandue surtout dans l’Oberland ; céramique,poteries, faïenceries de Winterthur, Thun, Carouge ; machines à vapeuret outils de Zurich ; armes de Saint-Gall, Schaffhouse, Bàle, Berne , etc.Dans tous les cantons montagneux, l’industrie dominante est Y exploitationdu touriste. « Aubergistes, portefaix, guides, sonneurs de cors, ouvreurs» de barrières, garde-cascades, portiers de grottes, poseurs de planches» sur les torrents, mendiants de toute espèce embusqués derrière les haies,» tous ceux qui vivent du visiteur étranger, l’exploitent sans la moindre» pudeur. Tout se vend, jusqu’au verre d’eau, jusqu’au signe indicateur de» la main. On cherche à s’approprier les beaux sites pour en faire payer» chèrement la vue, et plus d’une cascade est enlaidie par d’affreuses palis-» sades qui la défendent des regards du pauvre. » (E. Reclds, t. III, p. 123.)Un capital de 300 millions est engagé dans cette industrie, et rapporte 50à 60 millions par an; le service des hôtels occupe 10 à 15000 personnes,et procure indirectement de l’occupation à 20 on 25000 autres.
Commerce.— Importation (1885) : 755 millions de francs (en France ,179; en Allemagne, 249; en Italie, 112; en Angleterre, 51; en Au-triche, 65; en Belgique, 26; en Russie, 21; aux Etats-Unis , 17; enAfrique, 17 ; en Asie, 3. — Exportation : 659 millions (en France ,139; en Allemagne, 157; en Italie, 60; en Angleterre, 99; en Au-triche, 37; en Belgique, 13; en Russie, 9; aux Etats-Unis , 77 ; enAfrique , 5;en^4sie, 19).— Postes (1885), 193 millions d’expéditions.— Télégraphes, 7 000 kilom., 3 millions de dépêches.
Voies de communication. — Les passages des Alpes , les routeset les chemins de fer. Les Alpes Centrales ont longtemps isolé laSuisse de l’Italie et de l’Autriche : jadis les cols n’étaient franchis quepar des sentiers périlleux, et les marchandises portées à dos d’homme, decheval ou de mulet. L’industrie a vaincu la nature ; les Suisses , aidés del’étranger, ont construit à grands frais 4500 kilom. de belles routes, avecponts en pierre, en bois, en fils de fer (le pont de Mélide à Pisone fran-chit le lac de Lugano , et le pont "de bois de Rapperschwyl (1604 m.), letroisième du monde pour la longueur, après ceux de Montréal et deBrooklyn, traverse le lac de Zurich ). Voici les principales voies de commu-nication à travers les Alpes Suisses, d’après MM. Bavier [les Routes de laSuisse) et Marga ( Géographie militaire).
1° Routes de terre : Route de Martigny à Andermatt (Reuss ) etCoire (Reuss ), terminée en 1865 et parallèle à la grande chaîne des AlpesCentrales, par les cols de laFurka,2436 mètres, et de l'Ober-AIp, 2 052 m.;chemin de mulets de Martigny (Rhône) à Aoste (Doire-Baltée), par le coldu Grand-Saint-Bernard, 2472 m. ; — sentier de Zermatt (val de Saint-Nicolas) à Châtillon (Val-Tournanche), par le col de Sainf-Théodule,