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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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SUISSE .

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aimer et faire aimer les montagnes, il fallait un homme faitexprès ; Genève , la porte des Alpes, eut la gloire de le fournir.Ce fut Horace-Bénédict de Saussure . Il naquit en 1740; samère, nièce du naturaliste Charles Bonnet , entendit le récit desdeux Anglais et « en eut la vive impression; » l’enfant fut élevédans l’amour des sciences et dans l’admiration de la nature.Sous l’impulsion de son grand-oncle et du célèbre Haller deBerne , il fit de rapides progrès dans les sciences mathématiqueset physiques, dont il devint professeur à vingt ans. Marcheurintrépide, hardi grimpeur, aguerri contre les fatigues et les pri-vations, il fit en 1760 sa première ascension au mont Brévent,d’où il vit pour la première fois le mont Blanc face à face. Dèsce moment, il n’eut plus qu’une pensée : monter au sommet dece géant des monts d’Europe réputé inaccessible. Pendantvingt-sept étés, il parcourut sans relâche les Alpes , franchissantles passages les plus ardus, visitant les vallons les plus reculés,vivant avec ces bonnes populations pastorales, se familiarisantavec leurs fatigues, et s’habituant à leur climat. Ses écrits, dansles intervalles, popularisaient la montagne, et y attiraient quan-tité de visiteurs. Les premières pages de son grand ouvrage('Voyage dans les Alpes ) sont consacrées à réhabiliter les mon-tagnards, qu’il montre honnêtes, fidèles, sincèrement religieuxet admirablement charitables. La confiance qu’il leur témoignaitse communiqua à ses imitateurs, et créa parmi les habitantscette belle profession de guide , devenue aujourd’hui l’honneur etla fortune des pays de montagnes. Ces guides, en reconnaissance,lui trouvèrent ce chemin du Mont-Blanc tant désiré, et le con-duisirent à la cime, après vingt-sept ans d’attente et d’efforts,le 2 août 1787 ‘.

« Les ascensionnistes les plus nombreux sont les Anglais , quiont ouvert la voie, et font de ces périlleuses expéditions de mon-tagnes une affaire d’amour-propre national autant qu’indivi-duel. Les excursions de montagnes sont chez eux une partieobligatoire de l’éducation aristocratique, et les hommes faitstiennent à honneur de maintenir par ce genre d’exploits la

1. Ramond a le premier atteint la cime du Mont-Perdu le 11 août 1797 ; A. deHumboldt, le pic de TénéritTe et le Chimborazo; le guide Jacques Balmat avaitatteint le sommet du Mont-Blanc en 1786; Croz, guide, comme Balmat , périt à lasuite de l’ascension du Cervin faite en 1865 par E. Whymper . Les deux frèresbavarois SchlaginVweit ont fait l’ascension du Mont-Rose, exploré î’Himalaya et se sont élevés à l’Ibi-Gamin, h une altitude de près de 7 000 mètres.