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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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SUISSE .

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sion, jeter sur le flanc des chariots pesamment chargés et dis-perser des granges entières. Mais cet ouragan local est restreintà une bande assez étroite, en dehors de laquelle pas un rameaune bouge sur les arbres.

» De pareilles catastrophes, on le comprend, sont de grandsévénements dans la vie monotone des montagnards. Tantôt,pendant les ténèbres de la nuit, l’avalanche recouvre des hameauxentiers, et leurs habitants, avant même d’être réveillés, se trou-vent ensevelis et asphyxiés sous des masses de neige plus hautesque leurs maisons. Tantôt elle enlève des chalets et les fait tour-billonner dans l’air comme des cartes, jetant sains et saufs sur laneige ceux qui les habitaient. Des greniers ont été retrouvés àcinq cents pas sur l’autre flanc de la vallée, où ils avaient ététransportés par-dessus le torrent avec toute leur provision defoin '. »

Les avalanches compactes se produisent plus tard, elles ont lieu au prin-temps ou dans les premiers jours de l’été. Elles ressemblent à une im-mense muraille de neige qui s’écroule, et ne détruisent que ce qui se trouvedirectement sur leur passage ; le souffle du fœhn ou une insolation pro-longée les déterminent. Outre ces grandes avalanches, il s’en produit depetites de janvier à avril, la plupart de neige poudreuse. Ce sout les plusnombreuses, mais elles sont sans danger; parmi les grandes, quelques-unesseulement, et en particulier celles qui se frayentde nouveaux passages, cau-sent des dommages réels.

» Il est vrai que les moyens qu’emploient les habitants desmontagnes pour s’en préserver sont bien insuffisants. On voit,tout à côté de couloirs récents d’avalanches, de vieilles forêts endécomposition que personne ne prend la peine de rajeunir ni dereplanter. Dans quelques hautes vallées du Valais , les paysansont l’ingénieuse coutume de fixer les avalanches. Ils se rendentaux premiers jours du printemps dans les endroits où elles seforment d’ordinaire, et plantent sur toute la surface inclinée degrands pieux qui empêchent la masse de se détacher au momentdo la fonte. Quelque terrible, quelque irrésistible que soit une

i . Voici un exemple cité par l’auteur, d’une de ces délivrances extraordinaires ;« En l’année 1689, une avalanche, la plus terrible dont il soit fait mention dans» les annales des Grisons , se précipita du Rhæticon dans le Prêttigon et ensevelit» 150 maisons ou étables du village de Saas . Les hommes accourus au secours» trouvèrent dans les débris répandus au loin un nourrisson couché sain et sauf» dans son berceau, et, tout à côté, un petit panier renfermant six œufs dont aucun»> n’avait clé cassé. »

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