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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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340 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

avalanche lorsqu’elle s’est développée, de si faibles moyens suffi-sent cependant pour en prévenir la formation. On a même fait laremarque que certaines avalanches périodiques manquent toutesles fois que l’on n’a pu faucher les bandes de gazon où ellesprennent leur origine. Les pins nains rendent encore de plusgrands services. De leurs mille bras ils retiennent de vastesétendues de neige, et rendent absolument impossibles les ava-lanches compactes. Dans plusieurs vallées fort exposées des AlpesRhétiques , les habitants protègent leurs maisons par deux mursde terre et de pierres formant un angle aigu, qui détournent lecourant à droite et à gauche. Mais souvent, malgré la hauteur deces murs, l’avalanche saute par-dessus et se jette sur les toits.Quelques chalets sont défendus simplement par un mur de neigequ’on transforme en glace en y versant de l’eau, et qui se con-serve assez bien jusqu’à ce que le temps du danger soit passé.Dans les routes récemment construites, on fait des galeries auxpassages dangereux, ou bien on élève sur colonnes des toits auniveau du couloir de l’avalanche. Mais le moyen le plus efficacede se préserver des ravages de l’avalanche, c’est toujours le boi-sage des surfaces nues des montagnes, et il peut être appliquéavec succès dans un grand nombre de localités. L’homme lutteavec persévérance et toujours avec plus de succès contre les forcesde la nature, il construit même hardiment ses cabanes sur lechemin des plus terribles avalanches, et quand celles-ci les ontbalayées comme une fourmilière, il les reconstruit avec un in-croyable entêtement dans le même endroit. » (F. de Tschudi 1 ,le Monde des Alpes, 2°éd. in-8°, 1870; Genève , Georg.)

Ces Suisses des grandes Alpes , élevés dans la liberté et les périls de lamontagne, ont appris dès leur enfance à être actifs, braves, persévérants;l’exercice et la lutte, le combat perpétuel pour la vie les rendent sagaces,expérimentés, sans peur et robustes. « Le Suisse, dit Lamartine , est resté» antique dans nos jours modernes: il est un paysan éternel; il est pieux,» il est laborieux; il est berger, il est cultivateur; il est patriote, il est» soldat, il est artisan, il est libre surtout; il ne marchande pas sa vie» contre la servitude. » Vigueur, adresse, sang-froid, œil perçant et piedsur, telles sont les qualités maîtresses des guides alpestres, et aussi cellesde quiconque exploite la montagne et y gagne péniblement son pain.

1. M. Tschudi (F. de), né à Glaris en 1820, pasleur. puis conseiller d’Elat de Saint-Galt, et membre du conseil fédéral suisse , a publié, outre le grand ouvrage leMonde des Alpes , un ouvrage sur les Insectes nuisibles et les oiseaux (1860, in-S a )ot des Lectures agricoles dédiées à la jeunesse (1867, in-8°).