3oO
LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
sur la neige, dans le même ordre où ils avaient glissé, Croz unpeu en avant, Iladow près do lui, puis Iludson à quelque dis-tance en arrière ; mais on ne découvrit aucune trace de lordF. Douglas. Nous les ensevelîmes dans la neige, à la placemême où ils étaient tombés, au pied de la plus haule arête dela majestueuse montagne des Alpes . » (F. Wuympek, Escaladesdans les Alpes , Tour du Monde, 1 er semestre 1882.)
Vingt et un guides furent envoyés pour recueillir les cadavres et lesdescendre à Zermatt . Ils coururent les plus grands périls dans l'accomplis-sement de cette triste tâche. Les restes de Hudson, Iladow et Croz furentensevelis dans l'église. Il a été impossible de retrouver aucune trace ducorps de Douglas, qui dans l’effroyable chute était sans doute resté accro-ché à quelque pointe de rocher 1 .
L'iinttitiec du Griiiid-Saint-lleruard.
L’hospice du Grand-Saint-Bernard , l’habitation permanente la plus élevéedes Alpes, a été fondé, vers l’an 962, par Bernard de Menthon , originairedu joli village bâti sur les premiers gradins de la montagne qui domine ledélicieux lac d'Annecy. Le château de Saint-Bernard, fort bien conservé, sevoit encore au-dessus du port de Menthon. L’hospice établi par le moineextatique, qui, pour fuir le monde, s’était enfermé dans les sauvages mon ■tagnes des Alpes l’ennines, est situé au sommet de la montée, du côtésuisse , à 2 472 mètres d’altitude, à l'issue d’une gorge resserrée entre lescimes de la Chenalette et du Mont-Mort (2SG6 m.). Les religieux del'hospice reçoivent, logent et nourrissent gratuitement toutes les personnesqui traversent ce col fréquenté ; plus de vingt mille individus y passent chaqueannée. Les frais s'élèvent à 50 000 francs par an; ils sont couverts parlesdons des étrangers et des collectes faites en Suisse . L'hospice renferme denombreuses chambres, deux cents lits, un réfectoire, des écuries, des maga-sins, une bibliothèque, un salon avec piano, des collections de minéraux,de plantes et d’insectes, des médailles, des tablettes votives, couvertesd'inscriptions découvertes sur remplacement où s’élevait jadis un templeérigé parles Romains à Jupiter Hospitalier sur I eMonl-Joux (nions Jovis).
« Au Saint-Bernard on est reçu, non pas comme le figurentdes dessinateurs qui n’v ont jamais été, par un moine vénérable,
1. Doux jours après l’ascension de M. Whynipcr, les guides Carrel et Bich, deVal-Tournanche, escaladaient à leur tour le Cervin par le versant opposé. Depuisce temps l'escalade du géant est faite plusieurs fois chaque année de Zermatt oudu Breuil (neuf fois en I86S, trente-cinq fois en 1873) même par des femmes. Ducété italien, l’ascension est plus longue, mais moins périlleuse ; des chemins nou-veaux ont été découverts, 'des cordes et des chaînes placées aux plus mauvaispas. En août 188G, sept touristes anglais et hollandais, accompagnés des septguides lue plus expérimentés de la région, furent surpris à la descontc du Cervin par une épouvantable tempête de ncigo qui dura 36 heures ; les malheureux voya-geurs rentrèrent à Zermatt à moitié morts de fatigue, de froid et de faim ; 1 und’eux, Frederick Burckhardt, périt dans la neige, où les sauveteurs retrouvèrentson cadavre.