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LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
plus haut; on y a transporté des poissons du lac Cliampey, quiest à t 500 mètres environ d’altitude : ils ont atteint une lon-gueur de deux ou trois pouces, puis ont disparu. Enfin, on aessayé avec des espèces du lac du Petit-Saint : Bernard, qui est à2 d 00 mètres : celles-là ont vécu et se reproduisent, mais negrossissent pas. Leur utilité est pareille à celle des choux et deslaitues, que les religieux cultivent sur des terrasses exposées ausoleil, plutôt, comme dit de Saussure , pour le plaisir do voirpousser quelque chose que pour l’avantage qu’ils en peuventretirer. Ensuite ce lac, dont l’eau, alimentée par la fonte desneiges, est assez mauvaise à boire, est recouvert pendant la plusgrande partie de l’année d’une couche de glace de un à deuxpieds d’épaisseur. Vous voyez que, même en fait d’eau, la naturene s’est pas montrée très prodigue. Elle s’est laissé touchercependant et n’a pas voulu mettre les choses au pis : sur lesbords du lac jaillit une source excellente et intarissable.
« Les religieux du Saint-Bernard sont des chanoines réguliersde l’ordre de saint Augustin. Ils subissent un noviciat dont unedes conditions est une année entière de séjour à l’hospice, afind’éprouver leur constitution. A vingt ans, ils sont admis à pro-noncer leurs vœux, par lesquels ils s’engagent à rester quinzeans au Saint-Bernard. Mais il est assez rare qu’ils y puissentfournir une si longue carrière. Ils ont deux congés de quinzainepar an, un au printemps, l’autre à l’automne. Tous les officessont conférés pour deux ou trois ans, à la majorité des voix. Lestitulaires sortant de charge peuvent être réélus ; mais ils peuventaussi, depuis le prieur jusqu’au clavandier, être destitués axantle ternie ordinaire de leurs fonctions s’ils perdent, pour uneraison ou pour une autre, la confiance de leurs frères. Ainsi,une dizaine de moines augustins de vingt à trente-cinq ans,autant de novices de dix-huit à vingt ans, sept à huit serviteurs,qu’on appelle des maronniers, voilà les hôtes permanents, lepersonnel militant du Saint-Bernard. Je n’oublierai pas leschiens.
» On a beaucoup discuté sur la race des chiens du Grand-Saint-Bernard . On les a représentés tantôt comme une race pure, d’ori-gine inconnue, tantôt comme le produit d’un croisement entrechiens des Pyrénées et danois. Il est probable que la race pri-mitive a décliné, s’est perdue. Mais pour ce qui est des chiensqui existent actuellement au Saint-Bernard, on n’a aucun douteà l’hospice ; on sait très bien d’où ils viennent : ce sont des