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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALSACE-LORRAINE.

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bords de la route, de grands sapins atteignent des dimensionsénormes, droits comme des fûts des colonnes, avec de longuesbarbes de mousse blanche ou verte. Plus près de Retournemer,il y a des hêtres non moins vieux, non moins grands que lessapins. Quantité de troncs sèchent encore sur pied ou jonchent lesol de la forêt, morts de vieillesse ou renversés par les orages. »(Charles Giun 1 2 , Scènes et paysages des Vosges .— Revue alsacienne1880 - 1881 .)

£<es forêts «l’Alsace-Lorraine» le Schlittage.

La superficie totale des forêts d’Alsace-Lorraine , sur les deux versantsdes Vosges , couvre encore aujourd'hui 444000 hectares, propriété del'Etat, des communes ou des particuliers. Ces forêts qui sont restées inex-ploitées pendant des siècles dans les hautes régions, où des arbres énormespourrissaient sur pied et tombaient de vétusté, fournissent à l'exploitation1460 000 mètres cubes de bois, chênes, hêtres, pins, épicéas, sapins,châtaigniers, etc. ; leur revenu brut dépasse annuellement 3 millions defrancs*. Un intérêt mal entendu a amené le déboisement systématique descimes et des croupes gazonnées; la population pastorale a sacrifié impru-demment ses bois pour étendre les pâturages, et toutes les tentatives dereboisement rencontrent auprès des marcaires ou éleveurs de bestiaux,les plus opiniâtres résistances. Ceux-ci détruisent sans pitié les plantationsnouvelles, malgré le zèle et la surveillance des forestiers, en meme tempsque la dent de leurs bêtes empiète sur le domaine boisé.

« Exploiter les bois qui garnissent les cimes des Vosges n’étaitpas chose facile. Pas de routes ! pour chemins les lits desséchés

1. M. Charles Grad , né à Turckcim (Haut-Rhin) en 1842, fit ses études aucollège de Colmar , et entra comme employé, en 1860, dans l’établissementindustriel de la maison Herzog, au Logelbach, employant scs jours au travailet la plus grande partie de ses nuits à l'étude. M. Herzog le chargea depréparer un projet de réservoirs dans les vallées des Vosges pour l’amé-nagement des eaux; il profita de cette mission pour étudier à fond lagéographie des Vosges . Il explora ensuite chaque année les glaciers et lessommets des Alpes, visita l'Espagne, l'Italie, la Belgique, l'Afrique du Nord ; ilse disposait à entrer dans renseignement supérieur, quand la guerre de 1870éclata. M. Grad fit son devoir d’Alsacien et de Français pendant l’invasion.Après le cruel démembrement, il fut élu membre du Conseil général du Haut-Rhin, député au Reichstag et h la délégation d'Alsace-Lorraine ; il n’a cessé deprotester contre l’annexion de l’Alsace à l’Empire. M. Grad a publié dans l’An-nuaire du Club alpin , la Revue alsacienne, l'Economiste français , le Tour duMonde , de nombreux articles sur l’Alsace ou sur ses voyages ; son principalouvrage est intitulé : Etudes statistiques sur l’industrie de l’Alsace (2 vol. in-8®,1880). — V. Revue alsacienne, 1881-82, art. de Julien Sée.

2. Parmi les curiosités végétales de la vallée de la Fecht, M. Grad cite legrand tilleul de la ferme du Fasseneck, qui ne mesure pas moins do six mètresde circonférence; et le chêne à l’ombre duquel Voltaire venait souvent s’asseoir,pendant son séjour à la papeterie de Lultenbach (1753-54), à l’époque où il fai-sait imprimer les Annales de l’Empire .

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