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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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430 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.

voyance, d’ordre, d’économie, et en s’aidant surtout de ses « joujoux deNuremberg » — c'est ainsi que les nobles de la Marche avaient d’abordappelé ses canons, — il rétablit partout sa domination : les villes se sou-mirent, et les manoirs qui n'ouvrirent pas leurs portes furent rasés. — Ainsise marquaient dès l’origine les moyens d’action de la dynastie qui allaitfonder un Etat et plus tard un Empire : une discipline de fer à laquelle touadevaient se plier, et la guerre en permanence sur une frontière perpétuel-lement disputée entre deux races ennemies. — Frédéric II Dent-de-Fer(1440-70) continua l’œuvre de reconstitution, et fit de Berlin et de Coin,villes de pêcheurs rivales sur les deux rives de la Sprée , la capitale del’électorat. — Albert l’Achille ou l’Ulysse (1470-86), le plus rude batail-leur de son temps, agrandit à l’est le territoire de la Marche, améliora sesfinances, en imposant à ses sujets les accises et les péages, et par sa loide succession (1473), qui déclarait l’électorat un et indivisible, empêchadans l’avenir des démembrements irréparables. — Ses successeurs, Jean-le-Cicérox (1486-99), Joachim I er Nestor ou le Magicien (1499-1535),Joachim II Hector (1535-1571), Jean-Georges (1571-1598), Joachim-Fré-déric (1598-1608), surent se tenir à l’écart des guerres étrangères et civilesde l’Allemagne , n’entrèrent dans la Réforme que fort tard et à propos, etpurent faire des sécularisations sans péril; tous, pénétrés de l’esprit d’ordreet d’économie, développèrent les ressources du pays. L'électorat allaitd’ailleurs recevoir des mains d’un autre prince Hohenzoliern un accroisse-ment de forces inespéré.

Les Hohenzoliern en Prusse ( 1511 ). — Contre les Slaves et lesYVendes de la basse Yistule et du golfe de Finlande, Borusses , Lithuaniens,Lettons, Lèves, Estlies, avait été créé, au douzième siècle, l’ordre des Che-valiers Porte-Glaive: l’ordre des Marianites ou des Chevaliers Teutoniques ,établi en 1190 par Frédéric de Souabe , pour combattre les musulmans, vintleur prêter main-forte, et bientôt, sous l’influence du grand-maitre de l’ordreTeutunique, Hermann de Salza , capitaine et homme d’Etat consommé, lesdeux chevaleries se fondirent en une seule, et firent aux païens une terribleguerre qui dura soixante ans. Ceux-ci furent écrasés et convertis; quatreévêchés furent fondés dans le pays Borusse ; des émigrants allemands accou-rurent, assainirent le sol, le cultivèrent et commencèrent l’œuvre de ger-manisation.

Cent ans plus tard environ, le trente-cinquième grand-maître de l’ordreTeutonique élu fut le margrave Albert de Brandebourg-Anspach (1511).Ce cadet de la maison de Hohenzoliern, encouragé par la plupart desévêques du Nord et des membres de l’Ordre dégénéré, se rallia ouverte-ment à la Réforme luthérienne et sécularisa tous ses domaines ecclésias-tiques (1525). La République polonaise l’approuva et salua en lui le pre-mier duc héréditaire de la Prusse ; et celui-ci signa avec les margraves deBrandebourg et de Franconie des pactes de famille.

Union du Brandebourg et de la Prusse sous les Hohen-zollern ( 1618 ). — La descendance d’Albert de Prusse s’éteignit avec sonfils Albert-Frédéric , en 1618; l’électeur de Brandebourg, Jean-Sigismond(1618-19), hérita du duché de Prusse, et ses Etats furent doublés. Giàce àcette union, les possessions sécularisées de l’ordre Teutonique et des terri-toires conquis ou acquis de la marche de Brandebourg ont été le noyau solidede la monarchie prussienne moderne. La maison de Hohenzoliern étendaitmaintenant sa puissance de la Vistule à l’Elbe; Jean-Sigismond prépara sadomination dans les bassins du Weser et du Rhin par le partage delàsuccession de Clèves et Juliers que le traité de Xanten ébaucha en 1614 et