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L' Europe (sans la France) : choix de lectures de géographie accompagnées de résumés, d'analyses, de notices historiques, de notes explicatives et bibliographiques / L. Lanier
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ALLEMAGNE .

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embrasser l’étendue à vol d’oiseau. Cet observatoire naturel n’est,à proprement parler, qu’une pointe fort aiguë de rocher qui s’a-vance audacieusement dans le vide, et qu’on a sagement entouréed’une solide balustrade. Autrement, je ne vous conseillerais pasde vous aventurer sur ce cap suspendu dans l’espace. Des chiffresne représenteraient que fort mal l’impression d’altitude vertigi-neuse qu’on éprouve sur cette terrasse étroite en forme de langue,d’où le regard tombe d’aplomb sur l’Elbe , occupée justement àdécrire au-dessous un demi-cercle d’une précision presque ma-thématique. Qu’il suffise de savoir que, du bout de ce bec de roche,le sillage des bateaux à vapeur ne paraît pas sensiblement pluslarge que ne le serait le sillage d’un cygne vu de près.

Le fort de Kônigstein construit sur un roc isolé de la rive gauche del’Elbe , domine de 307 in. le fleuve, le chemin de fer et la route. Aujour-d’hui de bonnes roules et des voies ferrées sillonnent la Suisse saxonne ,passent soit à l’ouest, soit à l’est du fort, et permettent d’éviter son canon.

« Nous visitâmes la forteresse de Kônigstein, espèce de Gibraltar inac-» cessible, où la main des hommes a tiré parti des bouleversements singu-» liers de cette nature âpre et tourmentée. Une seule ouverture creusée dans» le roc, mais si rude qu’on a dû pratiquer des appuis des deux côtés, nous» conduit à travers l’obscurité la plus glacée et la plus noire, dans les mille» spirales inextricables de ce labyrinthe fortifié. La citadelle de Kônigstein » ne saurait être ni minée, ni réduite par la faim, attendu qu’au premier de» ces deux fléaux, elle échappe par sa situation vraiment exceptionnelle,» et qu’elle a contre le second le vaste jardin de sa plate-forme, com-» prenant une demi-lieue environ. Le Liïienstein, placé de l’autre côté» de l’Elbe , juste vis-à-vis la forteresse qu’il domine et semble par cela» même menacer, dans le fait ne saurait lui nuire, ses hauteurs à pie étant» impraticables à l’artillerie... La vue qu’on embrasse de cet endroit me» parut plus belle que celle dont nous avions joui du haut du bastion et du» Winterberg. Au pied de la citadelle coulait l’Elbe , courbant et repliant» ses mille anneaux qui miroitaient au soleil comme les écailles d'une» immense couleuvre. » (H. Blaze de Bury, Voyage aa pays du Frey-chutz.)

» ... Je m’engageai sur le beau viaduc qui forme tout en-semble le complément et l’issue de la Bastei . Ce viaduc en pierresde taille appuie sur de simples pointes de rocher ses arches iné-gales d’une audacieuse élévation. Tout ce que les rochers duvoisinage offraient de faces accessibles à la témérité des passantsa été couvert peu à peu de noms allemands, russes ou polonais,et la postérité n’ignorera pas le jour qui a vu passer Ludwig encompagnie de Rudolph sur ce sentier en maçonnerie. J’allai m’as-seoir sur un banc placé au bout d’une espèce de jetée latérale.La perspective étendue à mes pieds enserrait dans ses plis succes-

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