506 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAI'IIIE.
» sins, de docks et de chantiers de création successive, fourmillant de» navires de tous les pavillons et de toutes les grandeurs, les plus gros» bâtiments pouvant y remonter avec le flux. C’est surtout dos avenues» de Harbourg que l'aspect est merveilleux, car l'immense tableau qui s’y» déroule n’embrasse pas seulement tout Hambourg , mais aussi la ville» holsteinoise d’Altona , qui y touche en aval, et jouissant commerciale-» ment de la même franchise, apparait comme sa sœur derrière une épaisse» et interminable forêt de mâts et de cheminées. » (Ch. Vogel.) Malgréles rigueurs du blocus continental qui l’avaient presque ruinée, malgré l’in-cendie de 1842, qui consuma en quatre jours la cinquième partie de resrues, Hambourg est restée la reine de l’Elbe, et dispute à Amsterdam lesecond rang dans la mer du Nord, où Londres n’a pas de rivales. Depuisquarante ans, sa population a doublé et l’importance de ses échanges qua-druplé; 11 000 navires environ (dont plus des trois quarts à vapeur), char-gés de près de 9 millions de tonnes, entrent dans ses bassins ou en sortentchaque année; en 1884, 91000 émigrants se sont embarqués à Hambourg pour toutes les parties du monde, avec lesquelles la cité de l'Elbe est encommunication régulière.
« Du sein même de ses ruines encore fumantes (après l’in-cendie de 1842) s’est élevée, comme par enchantement, unenouvelle ville, dont les rues larges et spacieuses, bordées demaisons magnifiques, ne le cèdent en rien aux plus beaux quar-tiers de Londres, de Saint-Pétersbourg ou de Paris . Le NeucrWall, l’Alster Damm, le Yungfernstieg seraient à juste titreremarqués dans tous les pays du monde. J’avoue que ce n’est pasce genre de beauté qui m’attire et me retient dans une ville, iltémoigne bien plus de l’opulence du propriétaire que du géniede l’architecte. Ce qui m’enchantait, c’était de me perdre dansla vieille, dans la basse ville, de patauger dans les boues de sesrues étroites, tortueuses, obscures, nauséabondes quelquefois,mais où se trouvent les spécimens les plus curieux de l’architec-ture du dix-septième siècle. Là point de règle, les lois de la voiriesont plus modernes ; chaque maison a été faite d’après la fan-taisie et les convenances de son propriétaire. L’une avance, l’autrerecule; celle-ci est basse, celle-là est haute ; l’une est en bois,l’autre est en briques, elle est flanquée de pignons de droite etde gauche. Celle qui la touche, au contraire, est hérissée de bal-cons, il en existe un à chaque étage, le second empiétant sur lepremier, et le troisième sur le second, de sorte que parfois deuxmaisons, qui sont en face l’une de l’autre à une assez grandedistance au rez-de-chaussée, se rapprochent, se touchent même augrenier. Dans la plus modeste rue, dans la plus humble demeure,vous pouvez voir un objet d’art, une frise en bois, un appui debalcon, une rampe en fer, un chapiteau en pierre, une misère