» témoignent de la richesse et de la puissance de l’ancienne Lübeck ,
>. aussi bien que de l’amour des habitants pour le luxe architectural. >.
La Prusse n'a aucun port de commerce que l’on puisse comparer àceux-là. Memel (Prusse orientale ), située à l’entrée de Kurische-llaff, àvingt kilomètres de la frontière russe, est gênée par les glaces, et par lesbancs de sable qui se forment sous l’action des courants marins. Pourcombattre l'ensablement, l'administration ordonnp des dragages périodi-ques, et fait construire à grands frais des jetées et des moles avec lesblocs erratiques de granit et les roches cristallines amenés de Suède . Memelest le principal port de la Baltique pour le commerce des bois. Il les reçoitpour la plupart de la Pologne russe par le Niémen et les canaux latérauxdu llaff; de ses trente scieries à vapeur, sortent les planches, les lattes,les douves pour la tonnellerie, les traverses pour les chemins de fer, quisont exportées en Allemagne, en Angleterre et jusque dans l'Inde .
Stettin est le grand débouché commercial de la Poméranie à l’embou-chure de l’Oder; située à 134 kilom. au nord de Berlin , elle est devenuele port de la capitale sur la Baltique , et doit à l’excellence de la positionqu’elle occupe le développement rapide de ses échanges depuis cinquanteans. Elle vient aujourd’hui au troisième rang dans l’empire, après Ham-bourg et Brème; elle fait à Danzig une concurrence victorieuse. En 1881,plus do !i 300 navires ont visité son port avec un tonnage supérieur aux4 000 environ qui avaient abordé à Danzig .
Danzig, situé à 4 kilomètres de la Baltique, au confluent de la Vistule et des deux rivières réunies de la Mottlau et de la Radaune, centralise lecommerce des céréales. Dans l'ile des Greniers (Speicher insel), sur laMottlau, s'alignent le long des quais d'immenses magasins pouvant con-tenir 2623000 boisseaux de blé; le quartier des matelots, portefaix etbateliers est au nord, en face de l’ile de Holm. Le port proprement dit està Neulahrwasser. Au nombre des établissements industriels de Danzig (papeteries, fabriques de machines, constructions de navires, travail del’ambre, etc.), les distilleries qui produisent le fameux Goldwasser, l’cau-de-vie aux paillettes d’or, tiennent le premier rang. Danzig a gardé saphysionomie de ville du moyen âge avec ses rues étroites *, ses maisonsà hauts pignons ornementés, ses grandes portes massives, sa cour d’Artus(Junkerhof), où se tient la Bourse, ses églises nombreuses et le belfroi deson hôtel de Ville de style gothique, haut de 88 mètres. Elle est encoreune place de guerre de premier ordre, munie de remparts puissants, flan-qués de vingt bastions, et entourés de fossés pleins d’eau : elle a neufcasernes fortifiées; trois citadelles; le Bichofsberg, le Ilagelsberg, leZigan-kenberg, neuf forts échelonnés entre elle et l'embouchure de la'Vistule ;de grands ateliers d’artillerie et de manutention. Elle est le siège du con-seil d’amirauté, d’un observatoire nautique. Cette ville a été le berceau dela marine militaire de l'Allemagne avant l’annexion de Kiel et la créationdu port de Wilhemshaven .
1. « On s’aperçoit, dit Malte-Brun , que ces maisons ont été élevées par unebourgeoisie puissante qui a eu son indépendance et sa vie à elle. Bien des ruesne possèdent pas de trottoirs ; elles sont bordées, des deux côtés, par desfossés, l’espace libre entre le fossé et les maisons n’est pas public. On cheminedonc dans les rues de Danzig toujours au milieu de la chaussée, l'espace quiailleurs est occupé par des trottoirs, forme ici une terrasse ( ôcischlag ). »