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glaise du Cap, en même temps que les demandes de crédit sou-mises au Reichstag , pour subventionner des lignes allemandesde paquebots dans l’Extrême Orient et les établissements com-merciaux des îles Samoa dans la mer du Sud. »
Le courant d'émigration se porte surtout sur les Etats-Unis , qui, depuis1820, n’ont pas reçu moins de 3 445000 émigrants allemands . En 1881,le relevé des entrées aux Etats-Unis porte à 249572 le nombre desémigrants, au lieu de 206189 indiqués à la sortie des ports allemands .On a relevé, quant à l’dge des émigrants des deux sexes, les détails sui-vants : près de 67 000 avaient moins de 10 ans; plus de 35000, de 10 à20 ans ; 64000, de 20 à 30 ans; 29 000, de 30 à 40 ans ; 13000, de 40 à50 ans; 6300, de 50 à 60 ans; 2660, de 60 à 70 ans; 600, au-dessus de70 ans. La Prusse, la Posnanie, la Poméranie fournissent à l’émigrationles plus forts contingents; là, en effet, le sol plus pauvre appartient auxgrands propriétaires ; les paysans ne possèdent presque pas de terres, lessalaires sont peu élevés; dans le centre, l’ouest et le sud, au contraire,l’industrie est active ; les provinces du Rhin, la Saxe, la Silésie comptentmoins d’émigrants.
» L’existence de six lignes de paquebots exploitées par autantde grandes compagnies d’émigration facilite beaucoup les départsdes émigrants par Hambourg et par Brême, outre l’action dessociétés étrangères de transports par la Hollande, le Havre, An-vers et les ports anglais . Pendant certains mois de l’année, onne voit pas moins de dix-sept à dix-huit gros navires à vapeurchargés d’émigrants sortir des seuls ports de Brême et de Ham-bourg , sans compter les services d’intermédiaires par l’Angle-terre*. Comme le courant de l’émigration allemande se porte sur-tout du côté des Etats-Unis d’Amérique , les hommes d’Etat del’Allemagne se demandent s’il ne serait pas plus avantageux, aupoint de vue national, de diriger ce mouvement vers des coloniesallemandes à fonder sur d’autres points du globe. Une foisétablis en Amérique, les colons allemands ne restent plus Alle-mands de nation. Ils deviennent Américains en peu de temps.La nature de leur caractère les amène à accepter plus aisémentque d’autres peuples une nationalité étrangère, avec sa manièrede voir et de penser, ses mœurs et son langage. Dans ses chantspatriotiques, Arndt a pu dire : « La patrie de l’Allemand s’étendaussi loin que résonne la langue allemande. » Avec autant de rai-son, nous pouvons ajouter que l’Allemand se fait une patriepartout où il se trouve bien. Ubi berne, ïbi patria est un axiomeéminemment germanique. Pour la masse des émigrants, le