388 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE.
le panorama se déroulait à l’arrière-plan. Grâce à la transpa-rence de l’air, les cimes se dessinaient dans l’éloignement avecune incroyable netteté. Du sein de cette houle immense, qui sehqurtait à la voûte du ciel, surgissait le majestueux trident dela Tofana.
» Nous nous portâmes ensuite vers le versant opposé. Là en-core le plateau surplombe des précipices vertigineux. Au nordcomme au sud, le Monte Piano est taillé à pic, et ses paroisinaccessibles sont frappées de stérilité. En nous couchant à platventre sur le bord de l’abime, nous pouvions voir, au-dessousde nos pieds, à une profondeur d’un quart de lieue, la nappeglauque de la Dürren See, où se mirent les quatre maisons deLandro. La vallée d’Hollenstein, au delà de laquelle s’ouvreune échappée sur le Pusterthal, offre une perspective d’une in-comparable beauté. A l’arrière-plan, à plus de vingt lieues dedistance, les cimes neigeuses de la chaîne du Tauern limitentl’horizon. Vers l’est, le point de mire du tableau est la colossalemuraille des Drei Sinnen, qu’on prendrait pour une tour de Babelrestée inachevée. Un jour peut-être ses corniches menaçantess’écrouleront sur le Monte Piano. Ses parois perpendiculairessont rayées de stratifications horizontales d’une telle régularité,qu’on est tenté de croire que ce formidable monument fut édifiépar la main des hommes. Entre les Drei Sinnen et le Cristallo,on aperçoit, comme un lointain mirage, les cimes vaporeuses duMarmarole , et dans la même direction, le petit lac Misurina mi-roite au fond d’un vert entonnoir. » (Jules Lf.cleiicq 1 , Le Trjrolet le pays des Dolomites, 2° partie, i, iv; Paris , in-18, 1880,Quantin.)
Les Tyroliens.
Les habitants du. Tyrol sont des montagnards laborieux et hardis. Unécrivain anglais , M. Grohmann, qui a vécu plusieurs années au milieu d’eux,dit qu'ils se distinguent par un grand patriotisme et par un amour inné etpassionné pour leur pays natal, et par le sentiment chevaleresque d'une
1. Sur M. Leclercq, voy. nos Lectures sur l'Afrique , p. 62. Il n’est presque pasune contrée du globe, si lointaine qu’elle soit, qui n’ait été visitée par le harditouriste, aujourd’hui président de la Société belge de géographie. Aux récits devoyages que nous avons cités de lui, nous ajouterons les volumes intitulés : LaTerre de glace. Féroé, Islande, les Geysers , le mont Hécla (Paris , 1883, in-18,Plon); — De New-York à la Vcra-Cruz, en suivant les routes de tare. (Paris ,18S5, in-18, Hachette .)