606 LECTURES ET ANALYSES DE GÉOGRAPHIE. |
long, et profond d'une douzaine de mètres, formé par les infil- ;trations de l’eau dans l’épaisseur de la saline. Une barque s'offre ,au visiteur qui veut en parcourir les rives. ;
» Bien que les rayons du soleil ne pénètrent jamais dans ces ;carrières, la température en est douce et saine, un air frais et !tiède y circule sans cesse. Le séjour des mines n’altère point lasanté des ouvriers, qui n’y séjournent que huit heures par jour.Les chevaux qu’on emploie dans les carrières y demeurent jus-qu’à ce qu’ils ne puissent plus travailler. On les hisse au jour,qui les aveugle. C’est leur fin. Les salines se composent de troiscouches différentes, dont la première contient le zielona, ou selvert, qui comprend parmi ses variétés le spisa (sel grisâtre), lelodmoata (sel glacé), combiné avec la craie, et le iarka ou selen poudre. Vient ensuite la couche régulière du szibikowa, ousel fossile, d’une qualité bien inférieure au zielona. La troi-sième, qui porte le nomd ’ockosavata (perlé), contient un mineraidéformé hexagonale, plus dense et plus pur que celui des zonesprécédentes. Ce sel perlé, dont les manufactures d’Angleterre etde Hollande recevaient autrefois des quantités considérables, sertseulement aujourd’hui à faire des bijoux en forme de montres,de canons, de croix, que les mineurs vendent en cachette auxvisiteurs. Les couches sont séparées par des lits d’ardoise, d’ar-gile et de gypse. Elles se dirigent d’occident en orient, ens’abaissant vers le midi dans la direction des Carpathes . Aux deuxpremiers étages, comptés de bas en haut, le sel se trouve parmasses informes, dans lesquelles on pourrait tailler des blocs detrois, quatre et cinq cents pieds cubes. On rencontre parfois,pendant le travail d’excavation, des rameaux de bois noir mêlésan minerai. Ce bois, fort tendre et amolli par l’humidité, sert i
» dules peuvent se convaincre d’un coup de langue. Aucun visiteur ne manque» de visiter la chapelle Saint-Antoine. Sa construction date de 1688 et on y célèbre» l’office divin à certains jours do fête. Autel orné de colonnes doriques. Sur les» eûtes, statues de saint Antoine et de saint Clément. Sur les marches de l’autel» deux moines agenouillés; au fond, une niche avec une croix devant laquelle» la Sainte Vierge remet l’enfant Jésus entre les mains de saint Antoine. En» face de l’entrée, la chaire avec les statues do saint Pierre et de saint Paul.» Statues, colonnes, autel sont taillés dans le sel et so maintiennent en parfait» état de conservation depuis deux siècles. Placez-vous des flambeaux derrière» les colonnes ou les statues, la lumière devient visible à travers le sel transpa*j> rent. De la chapelle à la salle de danse, il n’y a pas loin. Souvaroff, qui tint là» son quartier général en 1809 pendant trois jours, y donna des bals aux officiers» de son armée. Aux jours de fête, les ouvriers et les employés des salines dan-» sent encore maintenant dans la salle décorée à cet eflet de grands lustresh pour l'illumination et de balcons pour les musiciens. » (Ch. Grad, art. cité.)