toutes les huttes, à la tète tlecliaque lit, on voit un de ces filtresde roseaux fiché dans le sol même de la cabane.
» Le Hansag est peu lettré. Je n’ai pas vu un seul livre dansles diverses huttes que j’ai visitées, et l’on m’assure que danscette étendue de 10 milles carrés, il n’v a pas dix personnes quisachent lire. Depuis les steppes de la Russie jusqu’aux gorgesdes sierras d’Aragon, depuis les plaines du Einmark jusqu’auxmarais de la Thessalie, il n’y a pas dans toute l’Europe une raceplus inculte et plus grossière que ces pasteurs du Hansag. Ainsivivaient jadis, sur les plateaux de l’Asie centrale , les tribusnomades dont ils descendent. Grâce à eux, nous avons au centrede l’Europe un échantillon de la vie primitive et sauvage. Etcette existence bizarre, digne des pampas de l’Amérique et desjungles du Gange , se déroule sous les yeux du voyageur à quel-ques lieues d’une capitale civilisée ! » (L. Enault 1 , la Hongrie .— Correspondant, septembre 1857.)
Les Gonasz «le la forêt «le Bakony .
Entre le Raab, le Danube et le lac Balaton s'étend le plateau connu sousle nom de forêt de Bakony . Du haut du Marstenberg, montagne sacrée dela Pannonie, où Saint-Etienne, fondateur de l'unité hongroise , éleva uneabbaye de bénédictins qui subsiste encore, l'œil embrasse un vaste horizon :« au sud les bois de Bakony ; à l'est, les campagnes de Komorn et les» montagnes de Bude; au nord les plaines de la Pannonie, où le Danube » déroule son long ruban de moire frissonnante, et que les Karpathes » renferment dans la ceinture ondoyante de leurs forêts, en un mot presque» le tiers de la Hongrie . » L’abbaye de Marslenberg possède des domainesimmenses, qui s’étendent sur 200 milles carrés, et dans ses mouvancessont compris huit gymnases, deux académies, quinze paroisses.
» J’étais trop près du bois de Bakony pour ne point tenterd’y faire au moins une excursion de quelques jours, et de visi-ter l’étrange population qui l’habite. L’essence du bois de Bako-ny est presque partout le chêne, dont la glandée abondantenourrit d’innombrables troupeaux de porcs. Les porcs sont aubois de Bakony ce que les bœufs et les moutons sont à d’autresparties de la Hongrie : l’occupation, le commerce, la richesse, jen’ose pas dire la vie même du pays. Les gardiens de ces rudescompagnons ne sont guère moins grossiers qu’eux. On les ap-
1. Sur M. Euault, voy. p. 90.